Baisse de la délinquance à Marseille : de quoi parle-t-on ?

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Baisse de la délinquance à Marseille : de quoi parle-t-on ?
Police (photo d'illustration)@ AFP
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Grâce à une réorganisation des services de police et de gendarmerie, la cité phocéenne enregistre une baisse conséquente de la délinquance. Mais les habitants sont sceptiques face à ces chiffres.

Les résultats sont encore officieux mais encourageants. Selon le directeur départemental de la sécurité publique, Pierre-Marie Bourniquel, interrogé par La Provence, la délinquance a fortement baissé à Marseille ces six derniers mois. Si un règlement de comptes s'est produit jeudi dans la cité phocéenne, les actes de violences semblent moins importants que l'année précédente à la même période. Le Premier ministre Manuel Valls s'est donc félicité mercredi de ces résultats encourageants. Mais les habitants de Marseille, eux, ne partagent pas forcément ce constat.

Quels chiffres ? Sur les six derniers mois, la délinquance dans la deuxième plus grande ville de France accuse un net recul : moins 30% pour les vols avec violence, moins 23% pour les cambriolages, moins 21% pour les vols à main armée. Soit une baisse générale de moins 20% pour la délinquance sur la voie publique.

Dans un communiqué publié mercredi, la direction départementale de la sécurité des Bouches-du-Rhône (DDSP) avait par ailleurs fait part d'"une vague d'élucidations de vols à main armée" à Marseille. "En l'espace de 4 jours, les policiers de la Sécurité publique marseillaise ont réussi à élucider 12 vols à main armée et à interpeller 7 des auteurs principaux", écrit la DDSP.

Quelles méthodes ? Selon la direction départementale de la sécurité des Bouches-du-Rhône, ces bons chiffres sont imputables à "une excellente coopération entre les différents services de police" et à "la mise en place de la nouvelle organisation fin novembre 2012". Grâce à une réorganisation des services, Pierre-Marie Bourniquel a remis les policiers dans les rues, au contact de la population, jusque tard dans la nuit. "Pas de réunions, pas de dossiers!", résume ainsi Pierre-Marie Bourniquel dans la Provence.

"Ces bons chiffres correspondent à la mise en œuvre d'une politique volontariste à la demande du ministre de l'Intérieur de la part des forces de police et de gendarmerie dans le département des Bouches-du-Rhône. Pour la zone de Marseille une politique de zone de sécurité prioritaire, qui consiste notamment à mettre davantage de policiers dans les quartiers sensibles, expliquent ces bons résultats", détaille Laurent Nunez, le préfet de police des Bouches-du-Rhône, interrogé par Europe 1.

Selon lui, ces chiffres encourageants se résument à deux politiques distinctes mais menées conjointement : "davantage d'interpellations et des réseaux démantelés et une meilleure prévention". Manuel Valls, qui s'est félicité de ces bons résultats, a lui aussi détaillé la méthode : "plus de moyens pour la police et la gendarmerie, une autre stratégie d'occupation du terrain et de lutte contre les trafics de drogue".

Qu'en pensent les habitants ? Mais les habitants, eux, ne semblent pas constater cette baisse de la délinquance de manière si flagrante. Quand Christophe et Eric ont découvert les chiffres mercredi matin, ils ont ouvert grand les yeux. Ces deux restaurateurs installés cours Julien, près de la Cannebière, n'ont pas remarqué cette baisse de la délinquance, bien au contraire. "Ça fait cinq ans que j'habite au cours Julien, je trouve que la violence a plus augmenté qu'elle n'a baissé", réagit l'un d'eux au micro d'Europe 1.

"Ce qu'il y a écrit dans La Provence, c'est bien, ça fait plaisir à certaines personnes, mais nous, ici, c'est tous les jours, tous les soirs. C'est devenu une zone de non-droit. Il y a des moments où ça peut devenir très tendu", estime un autre.

Mais les avis ne sont pas tous aussi tranchés. Alain, lui, veut retenir les patrouilles de police vraiment plus nombreuses. "Je les vois, elles passent tous les trois-quatre heures. Ça doit avoir un effet dissuasif. Tout comme les caméras qui ont été installées", estime-t-il.