Attentat de Nice : trois jours après, l'enquête avance

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Attentat de Nice : trois jours après, l'enquête avance
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Les enquêteurs tentent d'établir les motivations du tueur et ses liens avec les réseaux djihadistes. Six personnes étaient encore en garde à vue, lundi matin. 

Quatre jours après l'attentat qui a fait 84 morts sur la promenade des Anglais à Nice jeudi, les enquêteurs poursuivent leur travail d'investigation. Dès vendredi, l'identité du conducteur avait été établie grâce aux documents retrouvés dans le véhicule : le tueur est un ressortissant tunisien nommé Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un chauffeur-livreur de 31 ans dont l'identité a été confirmée par les tests scientifiques. Après la revendication de l'attentat, samedi, par l'Etat islamique, plusieurs questions se posent : le tueur a-t-il agi seul et/ou sur commande, avait-il des liens avec l'organisation terroriste ? Europe 1 fait le point sur l'enquête, qui progresse notamment sur la recherche d'éventuelles complicités.

  • L'acte a été prémédité

Selon nos informations diffusées dimanche, Mohamed Mahouaiej-Bouhlel aurait prémédité son geste, puisqu'il a repéré les lieux avec son poids lourd les 12 et 13 juillet derniers. Sur les enregistrements des caméras de vidéo-surveillance, il est possible de le voir au volant de son camion - réservé dès le 4 juillet - en train d'observer les lieux très attentivement. Pour les enquêteurs, ces éléments viennent confirmer qu'il s'agit bien d'un acte prémédité par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel.

Décrit comme un homme violent, impulsif, qui maltraitait son ex-femme et ses enfants et qui ne fréquentait pas de mosquées, il s'était cependant étrangement arrêté de boire de l'alcool il y a deux semaines. Parmi les gardés à vue, au moins un a évoqué un basculement "récent" vers "l'islam radical", d'après des sources policières. Les policiers de l'antiterrorisme cherchent donc toujours à comprendre comment le tueur a pu basculer si vite, sans éveiller l'attention des services de renseignement. 

  • Un SMS troublant

L'étude du téléphone du tireur, saisi dans la cabine du camion, a déjà permis aux enquêteurs de retrouver un SMS dans lequel, peu avant l'attentat, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel "se félicite de s'être procuré un pistolet 7.65 et évoquant la fourniture d'autres armes". Le chauffeur-livreur tunisien de 31 ans "s'est également pris en photo au volant du camion entre le 11 et le 14 juillet" avant de l'envoyer par SMS. Plus de 200 enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) sont mobilisés pour "identifier l'ensemble des destinataires" de ces messages. 

  •  Six gardés à vue, dont de potentiels soutiens logistiques ...

Depuis vendredi, les interpellations se multiplient dans le cadre de l'enquête. Cinq personnes, dont l'ex-épouse de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, ont d'abord été appréhendées vendredi et samedi. Parmi eux, trois figures du banditisme local, qu'il avait contactés dans les heures précédant la tuerie. Dimanche, deux nouvelles interpellations ont été réalisées, tandis que l'ex-femme du tueur a été relâchée. Les deux nouveaux suspects sont des ressortissants albanais, un homme et une femme. Le couple est soupçonné d'avoir apporté une aide logistique au conducteur du camion.

Lundi matin, six personnes étaient encore en garde à vue : trois d'entre elles ont été transférées dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), près de Paris. En revanche, les liens entre le Tunisien de 31 ans et "les réseaux terroristes", notamment le groupe jihadiste Etat islamique qui a revendiqué l'attaque, "pour l'instant ne sont pas établis", a affirmé Bernard Cazeneuve dans la matinée.

  • Une radicalisation "très rapide" selon Cazeneuve

Né près de Sousse, l'homme était titulaire d'une carte de séjour et résidait à Nice. Il était déjà connu de la police pour des affaires de petite délinquance, de violences conjugales, de vol et de violence avec arme. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avait été condamné une fois par le tribunal correctionnel de Nice à six mois de prison avec sursis, suite à une altercation après un accident de la circulation. Il avait été placé sous contrôle judiciaire en début d'année, mais la mesure avait pris fin en mars. En revanche, il était "totalement inconnu" des services de renseignement. Il n'a jamais été fiché pour radicalisation ni fait l'objet du moindre signalement, avait indiqué le procureur de la République de Paris François Molins, vendredi en fin de journée, lors d'une conférence de presse. 

D'après le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a parlé samedi matin, d'un "attentat de type nouveau", Mohamed Lahouaiej-Bouhlel "semble s'être radicalisé très rapidement". Le mode opératoire de l'attaque du chauffeur livreur - un camion fonçant sur une foule à vive allure - "correspond très exactement aux appels aux meurtres des ces organisations terroristes, tels qu'elles le prescrivent notamment dans leurs revues ou vidéos", avait affirmé le procureur vendredi.

L'enquête devra ainsi déterminer si le tueur a "d'éventuels liens avec les organisations criminelles terroristes islamistes", avait indiqué François Molins. D'après Le Monde, le tueur de Nice aurait notamment quelques connaissances communes avec le Niçois Omar Diaby, "célèbre" recruteur pour le djihad. 

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