Attentats de Bruxelles : "J'ai surmonté quelque chose, je suis en vie"

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Attentats de Bruxelles : "J'ai surmonté quelque chose, je suis en vie"
Les attentats de Bruxelles ont fait 32 morts et 340 blessés le 22 mars 2016.@ AFP
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Grièvement blessé lors des attentats de Bruxelles, le 22 mars 2016, le basketteur belge Sébastien Bellin raconte au Parisien sa nouvelle vie après le drame.

"La vie m'a souri et m'a donné une seconde chance qui n'est pas facile à assumer", analyse-t-il. Dans l'interview qu'il accorde au Parisien de mercredi, un an après avoir été victime de l'attentat de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, Sébastien Bellin est partagé. D'un côté, il y a cette "souffrance physique mais aussi morale" d'avoir vécu un tel traumatisme, couplée au fait de ne plus pouvoir compter sur sa jambe gauche, "remplie de broches jusqu'à la hanche". Un cliché de lui, allongé, les jambes broyées, avait fait le tour du monde il y a un an. Lui reviennent aussi en mémoire "toutes ces images, comme cette jambe détachée d'un corps à côté de moi" ou "le regard de cette femme morte à [ses] côtés", traces d'un passé impossible à oublier.

"Mentalement plus fort que jamais". Mais cet ancien basketteur de 38 ans, vivant en partie aux États-Unis (où il devait s'envoler ce 22 mars 2016 pour retrouver les siens), évoque surtout son optimisme et sa concentration sur "sa famille et le positif plutôt que sur le négatif qui n'apporte rien". Un an après, il se dit "mentalement plus fort que jamais. J'ai surmonté quelque chose. Je suis en vie". Pour l'anniversaire des attentats qui ont fait 34 morts et 340 blessés dans la capitale belge, il est revenu dans cette ville où il est resté quatre mois pour "partager ce moment avec d'autres victimes".

"L'État belge n'a rien indemnisé". Il se rend également à Bruxelles pour demander réparation aux autorités : "Je suis revenu aussi car toutes les victimes des attentats de ce jour-là ont des soucis avec leurs assurances, la prise en charge des soins médicaux et le statut de blessé. Le gouvernement avait évoqué un statut spécial, la mise en place de pensions mais, un an après, il n'y a rien. Il n'y a pas encore de reconnaissance des victimes. L'État belge n'a rien indemnisé", enrage-t-il dans les colonnes du quotidien.

Côté positif, il y enfin ce combat qu'il entend mener jusqu'à son terme : "Ma priorité reste de marcher à nouveau et de courir un jour. Je fais encore deux heures de rééducation quotidienne pour y parvenir. Je ne me laisserai pas abattre."