Attentats à Paris : ce que l'on sait sur les terroristes identifiés

  • A
  • A
Attentats à Paris : ce que l'on sait sur les terroristes identifiés
@ BLONDET ELIOT / AFP
Partagez sur :

Trois jours après les attaques simultanées survenues dans la capitale et ayant fait au moins 129 victimes, cinq des sept terroristes morts ont été identifiés par les enquêteurs.

Cinq terroristes, dont quatre Français, ont pu être identifiés, trois jours après les attentats ayant frappé le cœur de Paris et les abords du stade de France, causant la mort d'au moins 129 personnes et en blessant 352. Lundi matin, le parquet de Paris a annoncé l'identification d'Ahmad Al Mohammad et de Samy Amimour, portant à cinq l'identité connue des sept terroristes. Un huitième homme, soupçonné d'avoir participé à ces attaques sanglantes revendiquées par l'Etat islamique, est toujours en fuite et recherché par la police. Europe 1 vous dresse leurs portraits.

Les kamikazes du Stade de France

Pour l'instant, un seul des trois kamikazes ayant actionné leurs ceintures d'explosifs aux abords du stade de France pendant le match amical France-Allemagne, vendredi soir, a pu être formellement identifié par les enquêteurs. Ces derniers disposent d'éléments sur un deuxième terroriste, mais ils ne sont pas suffisants pour mettre un nom sur cet homme. 

- Le Français Bilal Hadfi, âgé de 20 ans, a été formellement identifié dès dimanche. Inconnu de la justice française, il vivait en Belgique où il était selon nos informations, connu des services de police pour des braquages. Les enquêteurs le soupçonnent de s'être rendu en Syrie. 

bilal hadfi

Bilal Hadfi est l'un des trois kamikazes du stade de France. © AFP


- Un deuxième kamikaze, inconnu de la justice française et des services antiterroristes, a été retrouvé mort à proximité d'un passeport syrien, au nom de Ahmad Al Mohammad, un Syrien né le 10 septembre 1990 à Idlib, et dont l'identité correspondrait à celle d'un soldat de Bachar al-Assad tué il y a plusieurs mois.
Si l’authenticité de ce document d'identité reste encore à vérifier, "il existe une concordance entre les empreintes papillaires du kamikaze et celles relevées lors d’un contrôle en Grèce en octobre 2015", a indiqué le parquet de Paris.
Autrement dit, même si le terroriste circulait avec de faux papiers, il a bien suivi l'itinéraire d'un migrant, empruntant même la "route des Balkans", selon Le Monde. Contrôlé sur l'île grecque de Leros le 3 octobre dernier, le jeune homme avait ensuite déposé une demande d'asile en Serbie avant que l'on ne perde sa trace en Croatie.

Mardi soir, la police a lancé un appel à témoins avec la photo figurant sur le passeport, qui correspond à celle du corps retrouvé, pour parvenir à identifier formellement ce kamikaze.

Les terroristes du Bataclan

Ils sont deux assaillants, deux Français, à avoir été identifiés par les policiers. Ces derniers doivent encore travailler à déterminer l'identité du troisième homme impliqué dans ce qui fut l'attaque la plus meurtrière, avec au moins 89 victimes


- Samy Amimour, né le 15 octobre 1987 à Paris, a grandi à Drancy, en Seine-Saint-Denis. "C’était quelqu’un de bien, bon élève. Il jouait au foot, c’était quelqu’un comme nous, très naturel", a confié l'un de ses anciens camarades de classe. Durant 15 mois, le jeune homme de 28 ans a été chauffeur de bus à la RATP, avant de démissionner en octobre 2012. Ce mois-là, Samy Amimour est mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, en raison d'un projet de départ avorté vers le Yémen.

samyamimour

Samy Amimour a grandi à Drancy, avant de partir en Syrie en s2013. © AFP


Placé sous contrôle judiciaire, avec obligation de pointage et remise de passeport, le jeune homme enfreint celui-ci en septembre 2013. Un mandat d’arrêt international est alors délivré contre lui. Selon sa famille, qui a tenté coûte que coûte d’empêcher sa radicalisation, c'est à cette date qu'il prend le chemin de la Syrie. Son père, comme il le racontait au Monde en décembre dernier, est même allé jusqu'en Syrie pour tenter de ramener son fils, qui s'est marié là-bas après sa venue. Trois personnes de son entourage familial ont été placées en garde à vue, lundi matin.




- Omar Ismaïl Mostefaï est né le 21 novembre 1985 à Courcouronnes, dans l'Essonne. Celui qui allait avoir trente ans dans quelques jours a été identifié dès samedi, à partir des empreintes digitales présentes sur un morceau de doigt sectionné par l’explosion de sa ceinture chargée de TATP. Connu des services de police pour des délits de droit commun (vols aggravés, délit routier, usurpation d'identité, etc.), Omar Ismaïl Mostefaï a été condamné à huit reprises, entre 2004 et 2010, sans pour autant passer par la prison.
Depuis 2010, il faisait l'objet d'une fiche "S" auprès de la DGSI pour radicalisation, mais n'avait "jamais été impliqué dans un dossier de filière ou d'association de malfaiteurs terroriste", selon les précisions du procureur de Paris, François Molins. D'après nos informations, il entretenait des liens étroits avec la mouvance islamiste radicale de Chartres, où il vivait, et il fréquentait la mosquée de Lucé. Issu d'une fratrie de six enfants, ce père d'une petite fille n'entretenait en revanche plus aucun lien avec sa famille depuis près de deux ans. 

Un responsable gouvernemental turc a affirmé que la Turquie avait mis en garde la France à deux reprises, en décembre 2014 et en juin 2015, au sujet d'Omar Ismaïl Mostefaï, sans avoir de retour. Le jeune homme est entré sur le territoire turc - porte d'entrée pour la Syrie - en octobre 2013. Il aurait ainsi séjourné en Syrie de l'automne 2013 au printemps 2014. Lundi, six de ses proches étaient toujours en garde à vue.


Et des rues de la capitale

- Brahim Abdeslam, est l'un des frères de Salah Abdeslam, toujours activement recherché par la police. D'après nos informations, aucun des deux n'était connu de la justice française, mais Salah, lui, était connu en Belgique pour des braquages. A l'instar de Bilal Hafdi et Omar Ismaïl Mostefaï, les enquêteurs soupçonnent les frères Abdeslam d'être partis en Syrie, où ils auraient pu recevoir des instructions. Âgé de 31 ans, Brahim Abdeslam s'est fait sauter en terrasse du Comptoir Voltaire, un restaurant situé sur le boulevard éponyme, faisant des blessés mais aucun mort.

C'est lui qui a loué en Belgique, et en son nom, la Seat Leon noire ayant servi aux tueries devant les terrasses parisiennes et retrouvée à Montreuil avec, selon les informations d'Europe 1, trois kalachnikovs à l'intérieur, onze chargeurs vides et cinq pleins. Les autorités pensent qu'il pourrait avoir participé aux fusillades devant les terrasses de cafés et restaurants, avec son frère, Salah.

- Agé de 26 ans, Salah Abdeslam a loué de son côté la Polo noire, elle aussi immatriculée en Belgique, et abandonnée à proximité du Bataclan. Toujours activement recherché par la police française qui a lancé un appel à témoins dimanche, il fait également l'objet d'un mandat d'arrêt international lancé par la Belgique. Un troisième membre de la fratrie, Mohamed, a été placé en garde à vue en Belgique, avant d'être relâché lundi.



Alors que la piste des terroristes remonte jusqu'en Belgique, deux personnes interpellées samedi à Molenbeek, quartier où ont séjourné la plupart des auteurs d'attentats djihadistes, ont été mises en examen pour "attentat terroriste" et écrouées lundi. Elles avaient été contrôlées samedi matin, à Cambrai, près de la frontière franco-belge, dans un véhicule où se trouvait probablement Salah Abdeslam qui, d'après Libération, aurait demandé à ces connaissances belges de l'exfiltrer de Paris.