Attentat de Nice : la justice demande la destruction des images de vidéosurveillance

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Attentat de Nice : la justice demande la destruction des images de vidéosurveillance
@ VALERY HACHE / AFP
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La justice explique qu'elle souhaite éviter toute fuite de ces images "profondément choquantes". 

La justice a demandé aux responsables locaux de détruire l'ensemble des enregistrements des caméras de vidéosurveillance qui ont filmé à Nice l'attentat du 14 juillet, une mesure destinée selon le parquet de Paris à éviter la diffusion de ces images "profondément choquantes".

"Effacement complet des enregistrements". Dans une réquisition judiciaire en date du 20 juillet, la sous-direction anti-terroriste (Sdat) de la police judiciaire exige du responsable du centre de supervision urbain de Nice de "procéder à l'effacement complet des enregistrements de l'ensemble des caméras desservant la Promenade des Anglais filmant pour la plupart d'entre elles l'action terroriste commise le soir du 14 juillet 2016". L'officier de police judiciaire qui a rédigé cette réquisition demande d'"effacer toutes copies des enregistrements effectués de la scène de crime réalisés hors cadre judiciaire".

Eviter la fuite de ces vidéos "choquantes". "Cette réquisition de la Sdat, avec l'accord du parquet, correspond à la nécessité impérieuse d'éviter la diffusion non contrôlée et non maîtrisée de ces images, profondément choquantes pour la dignité et l'intégrité des victimes", a expliqué le parquet de Paris jeudi. "Ces images sont placés sous scellé judiciaire pour les besoins de l'enquête", a-t-on ajouté de même source. Répondant à la réquisition, l'avocat de la ville de Nice Philippe Blanchetier souligne qu'elle "soulève diverses difficultés, de forme comme de fond".

Destruction automatique dans dix jours. Soulignant en outre que le code pénal interdit de détruire, soustraire, recéler ou altérer "un document de nature à faciliter la découverte d'un crime ou délit, la recherche de preuves ou la condamnation des coupables", Me Blanchetier indique que la présence des services de la Sdat au CSU pour récupérer les données des serveurs interdit de détruire en même temps les enregistrements au risque de "porter atteinte" au système. L'avocat préconise donc d'attendre la destruction automatique des enregistrements, qui ne sont conservés que 10 jours.