Arrestation de Salah Abdeslam : "Sachons garder la tête froide", demande Arnaud Danjean (LR)

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Arnaud Danjean, député européen Les Républicains, ancien de la DGSE, appelle à ne pas crier victoire après l’arrestation du dernier membre vivant des commandos du 13 novembre.

INTERVIEW

L’arrestation de Salah Abdeslam, dernier membre vivant des commandos du 13 novembre, devrait permettre aux enquêteurs de reconstituer les pièces manquantes du puzzle sur les attentats de Paris. La fin de la cavale de l’ennemi public n°1 est donc un soulagement pour les forces de l’ordre. Mais Arnaud Danjean, député européen Les Républicains et ancien de la DGSE, appelle à ne pas crier victoire. "On a l’impression d’une victoire considérable, qu’on a vaincu l’Etat islamique. Sachons garder la tête froide dans l’analyse de ces événements", a analysé le spécialiste des questions de défense et de renseignement, lundi soir dans le Club de la presse d’Europe 1.

"Je suis réservé par rapport aux commentaires triomphalistes". Salah Abdeslam, Français de 26 ans qui a grandi en Belgique, apparaît d'abord "comme ayant eu un rôle central dans la constitution des commandos du 13 novembre". Il a également participé à l'arrivée de certains djihadistes en Europe, et "dans la préparation logistique des attentats", d’après François Molins, le procureur de Paris.

"Je suis réservé par rapport aux commentaires triomphalistes que j’entends sur le coup porté à l’Etat islamique. Je ne suis pas certain que quiconque, à part quelques enquêteurs spécialisés, connaissaient l’affiliation précise d’Abdeslam à l’EI", a poursuivi Arnaud Danjean.  

 "On communique trop". Le deputé européen a également critiqué la communication des autorités françaises sur les affaires d’antiterrorisme. "On communique trop sur ces affaires très compliquées, minutieuses, qui demandent beaucoup de discrétion. Il y a beaucoup d’émotionnel. Des victimes et de nos concitoyens, c’est normal. En revanche, je trouve que les élus, les politiques, ou les hauts responsables en charge de ces questions communiquent trop et de manière trop émotionnelle". "Ce travail doit être fait cliniquement. L’anti-terrorisme est une chose très minutieuse, il faut travailler dans la sérénité, avec beaucoup de sang froid", a conclu Arnaud Danjean.