Arras : le "banal" suspect était radicalisé

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Arras : le "banal" suspect était radicalisé
@ THOMAS SAMSON / AFP
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Les policiers mettaient sur le compte de la colère les menaces à leur encontre d’un homme de 30 ans, car sa voiture était à la fourrière. En enquêtant, ils ont en fait découvert un homme radicalisé. 

L’homme menaçait de se faire sauter dans un commissariat. A priori, rien à voir avec quelque attentat terroriste, puisque ce suspect de 30 ans arrêté mardi à Arras, dans le Nord,  expliquait ses menaces par le fait que sa voiture avait été emmenée à la fourrière au prétexte qu’elle gênait l’installation du marché de Noël. Mais en fouillant son ordinateur, les enquêteurs ont découvert que cet Arrageois, par ailleurs fiché S, était en voie, avancée, de radicalisation.

Des vidéos d’exécution. En exploitant les données informatiques, les policiers découvrent alors plusieurs centaines de vidéo extrêmement dures d’exécutions ou de scènes de guerre. Ils découvrent aussi des photos du suspect se mettant en scène cagoulé, couteau à la main, arborant le drapeau de Daesh. "Des choses qu’on ne télécharge pas sur des sites autorisés ou voir sur Youtube", assure un enquêteur à La Voix du Nord.

"Il était sans problème, très discret". Pour le parquet d’Arras, le profil de ce trentenaire est clairement "inquiétant", d’autant plus qu’il est décrit comme très discret. Il ne se rend plus à la mosquée depuis quelque temps, sa femme ne porte pas le voile et s’habille normalement. Un souci de discrétion qui interpelle jusqu’à ses voisins. "J’étais complètement surpris" par sa radicalisation, témoigne pour Europe 1 Renaud. "Je l’ai croisé quelque fois. Il était sans problème, très discret, toujours respectueux, poli. Ça m’inquiète. Le danger peut être si proche et on ne s’en rend pas compte."

"Chasse aux sorcières". L’avocat du suspect reconnaît des propos maladroits et un penchant pour les vidéos macabres. Mais il dément en revanche toute radicalisation et dénonce "une chasse aux sorcières". Il s’étonne aussi de la pauvreté de sa fiche S, qu’il a pu consulter.