Le militaire filmait ses collègues femmes sous la douche

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Le militaire filmait ses collègues femmes sous la douche
@ MAXPPP
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DISCIPLINE - À Reims, un jeune caporal encourt jusqu'à 10 ans de prison.

Dans l'armée, filmer n'est pas jouer, surtout quand la vidéo concerne deux collègues, nues, sous la douche dont l'une est une supérieure. L'affaire rapportée par L'Est Éclair concerne un caporal de 29 ans qui a été présenté mercredi au parquet militaire de Reims. Une information judiciaire a été ouverte. Remis en liberté sous contrôle judiciaire, il risque jusqu'à 10 ans de prison.

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Il filme une fois, puis une deuxième fois. Début août, au camp de Mailly où plusieurs régiments étaient en manœuvre, des créneaux horaires étaient réservés aux femmes. Une militaire qui se lavait, a alors aperçu un portable passé sous la porte de sa cabine. Elle crie, faisant fuir l'indiscret. 

Mais sûr de lui, le caporal recommence le soir même avec une autre collègue. Celle-ci alerte suffisamment vite pour piéger le militaire qui a été retrouvé caché dans une des cabines.

"Aucune volonté d'étouffer l'affaire". Les deux victimes, appartenant respectivement au 40e régiment d’artillerie de Suippes (Marne) et au 40e régiment de transmissions de Thionville (Moselle), ont bénéficié du soutien de leur hiérarchie. Le fautif a été immédiatement renvoyé du camp de Mailly. Le parquet militaire de Reims salue "la réaction de l'institution militaire". "Il n’y a eu aucune volonté d’étouffer cette affaire. De tels agissements ne sont pas anodins. Les deux femmes ont bénéficié du soutien de leur hiérarchie pour déposer plainte à la gendarmerie". 

L'armée se doit désormais d'être exemplaire face aux cas de harcèlement ou de violences sexuelles touchant les femmes. En avril 2014, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, avait annoncé un certain nombre de mesures comme un numéro d'écoute ou encore l'inscription du "harcèlement moral et sexuel" dans le Code pénal militaire.

Quadruple mise en examen. Le caporal est sous le coup d'une quadruple mise en examen. Le premier motif est "l'atteinte à la vie privée par fixation d'images". Les trois autres sont spécifiques au statut militaire : "violation de consignes" pour s'être introduit dans les douches pendant un créneau réservé aux femmes, "violences sur un subordonné" (la première victime a un grade inférieur au sien), "voie de fait sur un supérieur" puisque la seconde victime est maréchal des logis. 

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