Arbitrage Tapie : l’homme d’affaires longuement entendu

  • A
  • A
Arbitrage Tapie : l’homme d’affaires longuement entendu
@ AFP
Partagez sur :

Bernard Tapie a été longuement entendu entre mardi et jeudi par les juges financiers dans l'affaire de l'arbitrage controversé qui avait soldé son vieux litige avec le Crédit Lyonnais en 2008.

C’est la première fois que les magistrats l’entendaient sur le fond du dossier. Bernard Tapie a été auditionné trois jours par les juges financiers qui l'ont mis en examen en 2013 dans l'affaire de l'arbitrage controversé qui avait mis un terme à son litige avec le Crédit lyonnais. Cette audition entamée mardi et achevée jeudi est intervenue moins d'un mois après l'annulation par la cour d'appel de Paris de cet arbitrage. Pour rappel, cette décision lui avait octroyé plus de 400 millions d'euros en 2008.

Tous les problèmes abordés et toutes les réponses apportées. L'audition de Bernard Tapie, "près de deux ans après sa mise en examen", lui a permis de "s'expliquer sur les indices qui lui ont été opposés", a réagi son avocat, Me Hervé Temime. "Tous les problèmes ont été abordés et toutes les réponses ont été apportées, réduisant à néant l'incrimination d'escroquerie en bande organisée", a poursuivi l'avocat. Six personnes, dont Bernard Tapie, sont mises en examen de ce chef.

Pour Me Temime, "il est incompréhensible que la cour d'appel n'ait pas eu la patience d'attendre ces interrogatoires, en retenant exclusivement et aveuglement les arguments infondés du CDR", l'organisme public chargé de liquider le passif du Crédit Lyonnais. L’avocat estime que l’arret de la cour d’appel a ainsi été rendu "sans respect du contradictoire, ni aucune prise en considération de ses explications". "A l'évidence, la décision n'aurait pu être la même", ajoute le conseil de l'homme d'affaires.

 Au cœur du dossier, l’existence de liens avec un juge arbitre. Dans cette affaire, six personnes au total, dont Bernard Tapie, sont mises en examen pour  "escroquerie en bande organisée". Les magistrats soupçonnent que l’arbitrage ne soit le fruit d'un "simulacre". En cause, notamment, les relations entre Bernard Tapie, l'un de ses avocats Maurice Lantourne et un des trois juges arbitres, l'ancien magistrat Pierre Estoup.

Dans un arrêt récent confirmant la mise en examen de Bernard Tapie mi-janvier, la cour d'appel relève ainsi des "relations antérieures vieilles d'environ dix ans" entre Pierre Estoup et Maurice Lantourne ainsi que les "relations professionnelles entre les trois" hommes. "La dissimulation de ces liens anciens, étroits et répétés participe de l'accomplissement du dessein ourdi par l'arbitre de concert avec Bernard Tapie et son représentant, de favoriser au cours de l'arbitrage les intérêts de cette partie", ont également estimé les magistrats de la cour d'appel de Paris dans leur arrêt annulant l'arbitrage, à la mi-février.

La "souffrance" de Tapie après l'invalidation de l'arbitrage

L’arbitrage Tapie va-t-il être contesté ?

Arbitrage : "nous allons montrer que M.Tapie est bien victime"

L'arbitrage de l'affaire Tapie invalidé : et maintenant ?