La police traque toujours le ou les complices de Coulibaly

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La police traque toujours le ou les complices de Coulibaly
@ Europe 1
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LE POINT SUR L’ENQUETE - Quelques jours après la fusillade de Montrouge et la prise d’otages porte de Vincennes, l’enquête s’accélère. D'après Manuel Valls, Amedy Coulibaly aurait au moins un complice. 

L’info. Dimanche, une vidéo posthume dans laquelle Amedy Coulibaly revendique l’attentat de Montrouge a été diffusée sur Ies réseaux sociaux. Mise en ligne après la mort de celui qui est aussi l’auteur de la prise d’otages de la porte de Vincennes, où quatre personnes juives ont été tuées, cette vidéo pose l'inquiétante question d'éventuelles complicités dont il a pu bénéficier. Le Premier ministre Manuel Valls a confirmé lundi matin cette hypothèse, soulignant : "La traque se poursuit".  

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Un ou des complices. "Je ne veux pas en dire plus mais sur ces attaques, ces actes terroristes, barbares, le travail de la justice et des enquêteurs se poursuit. Nous considérons qu'il y a effectivement probablement d'éventuels complices", a déclaré Manuel Valls sur RMC et BFMTV. Car dans cette vidéo, maintenant supprimée de Dailymotion, est mentionnée la prise d'otages de l'Hyper Cacher, porte de Vincennes vendredi, lors de laquelle Amedy Coulibaly a été abattu par le Raid. Elle a donc été montée après les attentats. Alors, par qui ? Et où ? Avec internet, le complice peut très bien avoir réalisé la vidéo en France ou depuis l'étranger. 

Est-ce Hayat Boumeddiene, la compagne du terroriste, activement recherchée ? Selon nos informations, cette femme de 26 ans a quitté la France le 2 janvier dans un vol Madrid-Istanbul et se trouverait actuellement en Syrie. Lundi matin, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a confirmé que la compagne d'Amedy Coulibaly était entrée jeudi dernier en Syrie par la frontière turque. 

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"On arrive à se synchroniser pour sortir en même temps". Dans le document de sept minutes, Amedy Coulibaly s’explique sur ses motivations et répond à des questions, insérées au montage. Tranquillement assis sur un canapé, puis adossé à un mur à côté d’une arme dressée vers le haut, il revendique, au nom de l’Etat islamique, la fusillade de Montrouge qui a coûté la vie à une jeune policière. "Le soldat du califat" affirme également s’être concerté avec les deux frères Kouachi, auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo, mercredi : "On a fait les choses un petit peu ensemble {…] pour que ça ait plus d’impact". "On arrive à se synchroniser pour sortir en même temps", ajoute-il.

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Faire parler les relevés téléphoniques. Les services de police enquêtent donc sur les éventuelles relations qu’Amedy Coulibaly auraient pu avoir avant sa mort. Ils espèrent notamment pouvoir exploiter les téléphones saisis lors de la perquisition de la planque de l’islamiste, découverte samedi soir, à Gentilly, dans le Val-de-Marne, où une carte vitale et une carte d’identité à son nom ont été trouvées. Dans cet appartement loué, la police judiciaire a mis la main sur un véritable arsenal avec, entre autres, des pistolets Tokarev, des munitions et des bannières de l’Etat islamique.  

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Un lien avec l'agression d'un joggeur. Un Tokarev 7.62 a d’ailleurs été saisi sur Coulibaly après l’assaut, porte de Vincennes. La même arme avec laquelle un joggeur de 32 ans a été grièvement blessé, mercredi soir, à Fontenay-aux-Roses, dans les Hauts-de-Seine. Sur les lieux de cette agression, les enquêteurs ont trouvé cinq douilles, cinq étuis de 9mm provenant d'un pistolet de ce type. C'est peut-être un quatrième homme qui aurait tiré. En effet avant de sombrer dans le coma, le joggeur a décrit son agresseur dont le signalement ne correspond pas à celui de Coulibaly. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour tenter d’éclaircir ce "rapprochement" entre les deux affaires. 

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Autre zone d'ombre : une voiture piégée. Enfin, dans la vidéo de revendication du délinquant multirécidiviste, il est fait référence à une voiture piégée qui aurait explosé dans les rues de Paris. Un texte incrusté indique qu'Amedy Coulibaly a "posé une charge explosive sur le réservoir d'une voiture qui a explosé dans une rue de Paris". Or, aucune explosion de ce genre n'a eu lieu dans la capitale. Mais, jeudi soir, un véhicule a bel et bien été déchiqueté par une charge explosive dans la commune limitrophe de Villejuif, dont le nom résonne comme une cible potentielle. La charge était placée au niveau de la roue arrière. Heureusement, l'explosion n'a fait aucun blessé. 

Le parquet antiterroriste a été saisi dimanche pour ce dossier. Outre la revendication de l'islamiste radical, les enquêteurs disposent d'éléments accréditant la thèse d'un lien avec Coulibaly, a indiqué une source proche du dossier.