Allemagne : "tuée" en 1984, elle réapparaît 31 ans plus tard

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Allemagne : "tuée" en 1984, elle réapparaît 31 ans plus tard
Petra Pazsitka au moment de sa disparition, en 1984. @ Capture d'écran
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Pour toute l'Allemagne Petra  Pazsitka, étudiante de 24 ans disparue en juillet 1984, avait été assassinée. Elle est réapparue il y a quelques jours, âgée de 55 ans. 

Outre-Rhin, elle était l'un de ces visages tristement célèbre de jeune femme mystérieusement disparue. Pour sa famille et la justice allemande, Petra  Pazsitka, était morte en juillet 1984, à Brunswick, dans le nord du pays. Cette étudiante en informatique avait disparu quelque part sur le chemin la menant d'un rendez-vous chez le dentiste à la fête d'anniversaire de son frère. Un homme avait même avoué son meurtre, mais son corps n'avait jamais été retrouvé. Pourtant, il y a quelques jours, plus de 30 ans après les faits, Petra Pazsitka est réapparue en chair et en os, comme le rapportent Le Parisien et Sud Ouest qui ont repéré l'affaire dans Bild. Une résurrection non voulue et entourée de mystère. Récit.

Une plainte mais pas de papiers. Trois décennies plus tard, c'est à Dusseldorf, à un peu plus de 300 kilomètres de Brunswick, près de la frontière néerlandaise, que l'affaire Pazsitka, classée en 1989, a connu un rebondissement ahurissant. Le 11 septembre dernier, une certaine "Madame Schneider" se rend au commissariat de la ville. Elle y dépose plainte pour un cambriolage. Agée de 55 ans, cette femme ne peut cependant pas présenter de papier d'identité. Face à l'insistance des policiers, celle-ci leur avoue l'impensable : elle est Petra Pazsitka.

>> Sa disparition avait fait l'objet d'une reconstitution à la TV allemande : 

Une vie sous les radars de toute administration. Et le plus étonnant, c'est que la quingénaire dit vrai, comme les vérifications des enquêteurs permettent rapidement de le démontrer. Selon ses dires, Petra Pazsitka a vécu dans plusieurs villes allemandes depuis trente ans. Sans papiers d'identité pendant toutes ces années,  elle travaillait exclusivement "au noir".

"Elle n'avait même pas de compte en banque et payait tout en liquide",  explique un porte-parole de la police de Brunswick à NBC News. Les circonstances précises sur cette vie entière passée sous tous les radars de l'administration allemande restent aujourd'hui un mystère. Toujours est-il que la justice allemande considère que cette femme n'est pas en infraction. Elle l'a néanmoins déclarée vivante tout en la faisant du même coup réapparaître dans les fichiers administratifs.

La thèse de la "fugue dissociative". Pourquoi cette disparition ? La jeune femme disparue, devenue quinquagénaire énigmatique, a simplement indiqué que cette fugue au long cours n'a pas été causée par sa famille. Toutefois, elle exclut désormais de renouer avec son frère et sa mère, qui lui ont pourtant écrit à la découverte de la nouvelle.

Dans le Bild, le psychologue allemand Gerd Zimmek évoque pour sa part une possible "fugue dissociative", un trouble psychique rare, qui poussent les personnes atteintes à oublier jusqu'à leur identité. Un type de fugue qui peut trouver son explication dans une grande exigence envers soi-même, une peur de l'échec et un stress intense. Or, à l'époque de sa disparition, la jeune femme était en train de boucler sa thèse en informatique sur un sujet décrit comme "très compliqué et lourd" par ses collègues de l'époque. Un début d'explication ?