Alexandre, ce héros à vélo qui a (lui aussi) essayé d'arrêter le camion de Nice

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"J'aurais voulu essayer d'un peu plus m'agripper, de l'empêcher d'aller plus loin", confie le jeune homme, une semaine après l'attentat. 

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Il y a une semaine jour pour jour, la France se réveillait et découvrait l'horreur de l'attentat de Nice. Au volant de son 19 tonnes, un homme a foncé sur la foule, faisant 84 victimes. Sept jours plus tard, 15 blessés sont toujours entre la vie et la mort. Deux citoyens, deux héros anonymes, ont pourtant tenté de stopper la course folle de Mohamed Boulhel. Un motard, mais aussi un cycliste, Alexandre, qui témoigne vendredi sur Europe 1. Quand il a vu arriver le camion blanc, il n'a pas hésité une seconde.

"L'empêcher d'aller plus loin". "A ce moment là, j'ai lâche mon vélo", raconte ce héros. "J'ai couru après [le camion]  et j'ai vu que je pouvais rattraper la cabine. Arrivé au niveau de la cabine, j'ai essayé d'ouvrir la portière deux ou trois fois", se souvient-il. Il aperçoit alors l'homme au volant, et le voit chercher quelque chose. "En fait, il a pris son arme et l'a mis sur son épaule gauche tout en me regardant, en essayant de me tirer dessus. Son pistolet ne fonctionnait plus, il devait être bloqué. Mais je me rappelle que, quand il a pointé son arme, j'ai lâché", confie Alexandre. "J'aurais voulu essayer d'un peu plus m'agripper, de l'empêcher d'aller plus loin". 

"Besoin d'essayer de comprendre". Depuis l'attentat, le jeune homme a perdu la notion du temps. "J'ai l'impression que ça s'est passé hier ou il y a deux jours", confirme-t-il, admettant ne pas "avoir cessé de penser à ça". "J'ai des images, surtout des enfants, d'une petite fille qui marche toute seule... Et le vendredi, le samedi, le dimanche, j'ai beaucoup tourné sur la Promenade des Anglais, j'avais besoin de me recueillir, de ramener un bouquet de fleurs, le drapeau de la France. J'avais besoin d'essayer de comprendre comment il a fait, par où il est passé..."