Air Cocaïne : inquiétude autour des deux autres Français restés en République dominicaine

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Air Cocaïne : inquiétude autour des deux autres Français restés en République dominicaine
Le Français Alain Castany, lors du procès en août 2015, à Saint-Dominque. Il est toujours retenu en République dominicaine, avec Nicolas Pisapia.@ AFP
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L'exfiltration des deux pilotes peut-elle mettre en difficulté Nicolas Pisapia et Alain Castany, les deux autres Français condamnés dans la même affaire et toujours retenus en République dominicaine ?

Si l'on parle beaucoup de Pascal Fauret et Bruno Odos, qui sont parvenus à fuir de République dominicaine, ils sont en réalité quatre Français à avoir été condamnés, en août dernier, pour trafic de drogue. Nicolas Pisapia, un passager, et Alain Castany, un apporteur d'affaires, ont également écopé de 20 ans d'emprisonnement devant le tribunal de Saint-Domingue, la capitale. Alors, depuis qu'ils ont appris la fuite des deux pilotes du jet privé où avait été saisie la drogue, leurs proches sont inquiets.  

Quatre hommes mêlés à l'affaire. Les deux hommes ont en effet été arrêtés en même temps que les deux pilotes du Falcon 50, dans la nuit du 19 au 20 mars 2013. A bord de cet avion privé, appartenant à l'homme d'affaires français Afflelou, se trouvaient donc le pilote Pascal Fauret, son co-pilote Bruno Odos, leur passager Nicolas Pisapia, 40 ans, et une quatrième personne, le "broker" Alain Castany, un apporteur d'affaires dans le jargon.

Interdiction de quitter le territoire. Alors qu'ils s'apprêtaient à décoller de l'aéroport de Punta Cana, leur avion a été intercepté : la soute de l'appareil contenait 680 kg de cocaïne, répartis dans 26 valises. Les quatre hommes ont toujours clamé leur innocence, affirmant ne pas savoir que de la drogue se trouvait à bord. Condamnés à l'issue d'un long bras de fer judiciaire, et après 15 mois de détention provisoire, les quatre Français n'étaient pas en prison mais avaient interdiction de quitter le territoire.

"Quand il y a un ordre qui est illégal, il faut ne pas le respecter". En prenant la fuite, Pascal Fauret et Bruno Odos ont évidemment brisé cette interdiction. Pour leur avocat, Jean Reinhart : "Ce ne sont pas des fugitifs. […] Quand vous avez une justice qui n'est pas une justice, il faut briser la justice. Quand il y a un ordre qui est illégal, il faut ne pas le respecter", a-t-il déclaré sur Europe 1 mardi matin.

Pisapia et Castany, victimes collatérales ? Mais du côté des familles de ceux restés en République dominicaine, on craint qu'ils ne soient les victimes collatérales de cette exfiltration. Le père de Nicolas Pisapia, a fait part de son inquiétude au micro d'Europe 1 : "Ils vont se retrouver à deux devant la justice dominicaine au lieu de quatre Français, il (Nicolas ; ndlr) a peur que l'on veuille tout faire retomber sur eux, maintenant. C'est très inquiétant si la justice dominicaine décidait très rapidement que l'on remette les Français en prison de manière à ce qu'ils ne puissent pas s'échapper."

nicolas pisapia

Nicolas Pisapia, lors du procès "Air Cocaïne", en août 2015. © AFP


Castany gravement blessé, sera-t-il rapatrié ? Quant à Alain Castany, âgé de 69 ans, sa situation suscite les plus vives inquiétudes, comme l'a rapporté mardi midi, son avocat Me Karim Beylouni sur Europe 1 : "Il est dans une situation dramatique. La fuite de Bruno Odos et Pascal Fauret ne fait qu'aggraver la situation", déplorant que cette fuite vienne "polluer toute démarche qui pourrait être entreprise" pour permettre un rapatriement.

En effet, l'apporteur d'affaires a été grièvement blessé, fauché par une moto dans les rues de la capitale dominicaine. Hospitalisé, il risque notamment une amputation. "Il en va aujourd'hui de son intégrité physique. Il est indispensable, plus que jamais, que les autorités françaises se mobilisent pour obtenir son rapatriement", a insisté l'avocat qui a indiqué avoir des contacts réguliers avec le cabinet du ministre des Affaires étrangères.  

Vers une peine plus sévère en appel ? Enfin, les familles éprouvent une autre crainte, et non des moindres : après cette exfiltration, le risque est également que la justice locale leur fasse payer doublement la fuite des deux pilotes, en se montrant très sévère lors du procès en appel qu'attendent toujours les Français.