Agression sexuelle : "il ne faut pas oublier que Mgr Anatrella a quand même des responsabilités au Vatican"

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Un prêtre haut placé dans la hiérarchie catholique française et au Vatican est visé par plusieurs accusations de viol et d'agressions sexuelles. 

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Dix ans après de premiers signalements et une plainte au parquet de Paris pour des accusations de viol remontant aux années 90, de nouveaux témoins accusent Monseigneur Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste, d’abus sexuels.

Un conseiller au Vatican. Cette nouvelle affaire est d'autant plus marquante qu'elle concerne un personnage très haut placé. Tony Anatrella a ses entrées au plus au niveau dans le diocèse de Paris, ainsi qu'au Vatican où il a été nommé conseiller pour la famille par Jean-Paul II. Malgré ces nouvelles accusations, la hiérarchie catholique n'a toujours pas lancé une enquête interne. Une inaction que dénonce le secrétaire de l'association La Parole Libérée, Bertrand Virieux : "C'est encore une situation dans laquelle les victimes sont laissées-pour-compte. Elles sont presque obligées de passer par la presse, faute d'écoute" déplore-t-il. 

Des victimes "démunies". En effet, l’église Catholique aurait été mise au courant des suspicions contre Tony Montrella dès 2001. Des accusations renouvelées en 2006-2007, dont la justice s'était à l'époque emparée. Les faits avaient alors été classés sans suite : la première affaire n'avait pas abouti faute de preuves, dans les deux autres, les faits étaient déjà prescris.

Faire pression sur l'Eglise. En parallèle d'éventuelles poursuites judiciaires, Bertrand Vireux réclame une prise de conscience de l'Eglise catholique dans ses plus hautes instances: "on a écrit au Pape, on a même demandé une audience privée, pour qu'un acte fort soit pris" raconte-t-il. "On pense que c'est à ce niveau là que les choses peuvent bouger. Il ne faut pas oublier que Mgr Anatrella a quand même des responsabilités au Vatican."

Face au manque de réponse de l'Eglise, le secrétaire de La Parole Libérée compte donc sur l'écho médiatique donné aux accusations pour alerter les instances catholiques. "On est démuni, il faut que l'opinion publique française prenne à bras le corps cette affaire." conclut-il.