Affaire Gregory, le feuilleton

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Affaire Gregory, le feuilleton
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Alors que la justice doit se prononcer sur de nouvelles analyses, Europe1.fr revient sur l'affaire Gregory.

Le 16 octobre 1984, le petit Gregory Villemin est retrouvé noyé dans la Vologne, pieds et poings liés. Près de 26 ans plus tard, l'affaire n'est toujours pas élucidée. Les parents de Grégory ont demandé de nouvelles analyses. Il s'agit, selon leur avocat, de "la procédure de la dernière chance". Retour sur l'enquête.

Le meurtre

Grégory Villemin a quatre ans lorsqu'il disparaît alors qu'il jouait devant chez lui. Son corps est retrouvé dans la soirée, dans la rivière Vologne dans le village voisin. Les parents de Grégory affirment avoir reçu un coup de téléphone, d'un corbeau qui les harcèle depuis plusieurs années, revendiquant le meurtre de leur fils.

Le corbeau et les lettres

Le lendemain du meurtre, le 17 octobre 1984, Jean-Marie et Christine Villemin reçoivent un courrier anonyme : "Ton fils est mort. Je me suis vengé". La lettre porte le cachet de la poste de la veille à 17h15.

Quelques jours plus tard, Jean-Marie Villemin reçoit un nouveau courrier : "J'espère que tu mourras de chagrin, le chef". Ces propos orientent l'enquête vers une jalousie déclenchée par la réussite professionnelle du père de Grégory, notamment dans la famille.

Un premier suspect

Après des expertises graphologiques sur les lettres anonymes, un nom ressort : celui de Bernard Laroche, un cousin de Jean-Marie Villemin. Bernard Laroche et sa femme, Marie-Ange, sont placés en garde à vue, puis relâchés au bout de 24 heures. La belle-soeur de Bernard Laroche, Murielle Bolle, après lui avoir fourni un alibi, affirme l'avoir vu emmener Grégory puis revenir sans le garçonnet.

Bernard Laroche est interpellé le 5 novembre et inculpé dans la foulée. Tout le monde pense l'affaire résolue. Mais le lendemain, Murielle Bolle convoque la presse pour se rétracter et clame l'innocence de son beau-frère.





Les soupçons sur la mère

Les soupçons se tournent alors vers la mère de Grégory. Trois de ses collègues affirment l'avoir vue poster une lettre le 16 octobre vers 17 heures. De nouvelles expertises graphologiques sont menées et disculpent Bernard Laroche. Il est libéré le 4 février 1985 mais reste mis en examen.

La gendarmerie est dessaisie de l'enquête. C'est la police judiciaire qui reprend toute les investigations depuis le début et oriente de nouveau l'enquête vers la mère de Grégory. Des analyses graphologiques sont une nouvelle fois menées. Le juge chargé de l'affaire lui apprend que c'est son écriture qui présente "le moins de discordances" avec celle retrouvée sur les courriers.

Laroche assassiné

Le 29 mars, Jean-Marie Villemin abat Bernard Laroche. L'enquête se ressert de plus en plus sur Christine Villemin, alors enceinte. Elle est inculpée le 2 juillet 1985 et emprisonnée. Libérée sous contrôle judiciaire quelques jours après, elle bénéficiera d'un non-lieu en février 1993.





L'enquête piétine

Depuis l'enquête est au point mort. Les parents de Grégory et leurs avocats se raccrochent aux progrès des analyses scientifiques pour espérer trouver de nouveaux éléments sur les pièces à conviction. Une cellule de la gendarmerie et un laboratoire sont chargés depuis 2009 d'exploiter des prélèvements sur des courriers et les cordelettes qui entravaient le corps de Grégory. Les analyses ADN réalisées au début de l'année n'ont pas permis d'identifier qui que ce soit. Seule certitude : les traces ADN ne sont pas celles des époux Villemin.