Affaire Bygmalion : Lavrilleux entendu par les juges financiers

  • A
  • A
Affaire Bygmalion : Lavrilleux entendu par les juges financiers
@ FREDERICK FLORIN / AFP
Partagez sur :

Jérôme Lavrilleux, personnage clef de ce scandale politique, est entendu par les juges du pôle financier dans l'enquête sur les fausses factures de la présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy.

Jérôme Lavrilleux, personnage central de l'affaire Bygmalion, est arrivé lundi au pôle financier, à Paris, pour être entendu par les juges dans l'enquête sur des fausses factures durant la présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy.

Vers une mise en examen ? Jérôme Lavrilleux est arrivé à pied, peu avant 09h30, au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris, accompagné d'un de ses avocats. Il n'a pas fait de déclaration. Dans cette enquête est ouverte pour faux, abus de confiance, escroquerie et financement illégal de campagne électorale, les juges d'instruction pourraient décider de sa mise en examen ou de le placer sous le statut de témoin assisté, selon une source du dossier.

Lavrilleux annonce sa mise en examen

Le député européen Jérôme Lavrilleux, personnage central de l'affaire Bygmalion, a annoncé sa mise en examen pour usage de faux, recel d'abus de confiance, complicité d'escroquerie et complicité de financement illégal de campagne électorale, lundi soir, dans cette enquête sur de fausses factures durant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2012.

Séquence émotion et révélations. Le 26 mai 2014, le directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle 2012 avait contribué à révéler le scandale, lors d'une mémorable confession télévisée. Jérôme Lavrilleux avait alors révélé, à la suite de l'avocat de Bygmalion Patrick Maisonneuve, le recours à un système de fausses factures pour imputer des dépenses à l'UMP alors qu'elles correspondaient en fait à des meetings de la campagne présidentielle.

Plus de 18 millions d'euros de fausses factures. Le but aurait été de falsifier le compte de campagne afin qu'il reste dans les limites autorisées - 22,5 millions d'euros - et ne soit pas rejeté, ce qui a quand même été le cas. Les enquêteurs, qui ont saisi la comptabilité de Bygmalion et de l'UMP, estiment que les fausses factures, imputées à l'UMP au titre de conventions politiques fictives, représentent 18,5 millions d'euros de dépenses de meetings.

Dix autres personnes déjà mises en examen. Jérôme Lavrilleux, qui a quitté l'UMP avant son exclusion, est le seul responsable du parti à avoir reconnu l'existence de cette fraude, à l'instar de trois des dirigeants de Bygmalion mis en examen. Elu député européen, l'homme politique a vu son immunité parlementaire levée le 19 mai dernier, autorisant ainsi un éventuel placement en garde à vue ou sous contrôle judiciaire.

Dix personnes sont déjà mises en examen dans ce dossier : quatre anciens dirigeants de Bygmalion, la société prestataire des meetings via sa filiale Event and Cie, trois anciens cadres de l'UMP, dont l'ancien directeur général Eric Cesari, et trois anciens responsables de la campagne, dont le trésorier, le député UMP Philippe Briand, et le directeur, Guillaume Lambert, ancien préfet de Lozère, démis de ses fonctions suite à sa mise en examen dans cette affaire.