Affaire Bettencourt : ouverture du procès des "enregistrements" de l'ex-majordome

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Affaire Bettencourt : ouverture du procès des "enregistrements" de l'ex-majordome
@ AFP
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Pascal Bonnefoy comparaît pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" aux côtés de cinq journalistes du Point et de Mediapart.

L'affaire Bettencourt est de retour depuis mardi devant la justice. L'ex-majordome de Liliane Bettencourt, Pascal Bonnefoy, comparaît à Bordeaux pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" pour avoir réalisé des enregistrements clandestins au domicile de la milliardaire. Cinq journalistes du Point et de Mediapart sont accusés quant à eux de les avoir publiés.

Des enregistrements qui font basculer l'affaire. La diffusion par les deux médias, largement relayée par le reste de la presse, de ces enregistrements réalisés entre mai 2009 et mai 2010 à l'insu de l'héritière de L'Oréal avait fait basculer l'enquête. Ce simple conflit de famille entre la richissime vieille dame et sa fille Françoise était ainsi devenu une affaire d'Etat.

Car, outre les révélations sur la santé déclinante de la milliardaire et les agissements de son entourage, ces enregistrements clandestins suggéraient des opérations financières destinées à échapper au fisc, des soupçons de financement illicite de parti politique, des interventions de l'Elysée du temps de la présidence Sarkozy dans la procédure pour abus de faiblesse. Dans ce volet, l'ex-chef d'Etat a ensuite bénéficié d'un non-lieu.

"Un procès contre le journalisme". Dans une conférence de presse, le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi a dénoncé un procès "contre le journalisme lui-même, contre son essence démocratique, son principe citoyen". "C'est le propre de notre métier que d'obtenir des informations auprès de gens qui ne sont pas censés nous les donner. C'est pour ça qu'il existe le secret des sources", a-t-il expliqué. "Si le tribunal de Bordeaux devait condamner, alors ce serait une forme d'esprit de la censure contre la liberté d'informer et le droit de savoir des citoyens qui serait installée". Le procès est prévu pour s'achever jeudi.