Dans ce lieu, dans le collimateur de la police, les prêches échappent aussi au conseil régional du culte musulman. 1:04
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Nathalie Chevance avec C.O. , modifié à
Une salle de prières s'est installée depuis plus de dix ans, en toute illégalité, dans des locaux vides d'un centre commercial à Marseille. La justice est saisie.
REPORTAGE

C'est une mosquée installée dans une ancienne salle de boxe, dans un bloc de la cité des Oliviers, à Marseille, où les commerçants ont plié bagage depuis longtemps. Le centre commercial, dans lequel se trouve la salle de prières, ressemble davantage à un no man's land où seuls les guetteurs ont désormais pignon sur rue. La mosquée reçoit des fidèles depuis plus de dix ans sans autorisation légale. Le tout dans un secteur totalement gangrené par le trafic de drogue.

Soupçons de radicalisation. Au départ le bailleur social et la mairie ont plutôt fermé les yeux. Mais désormais, il y a urgence. Ses dirigeants sont soupçonnés de radicalisation. Dans ce lieu, dans le collimateur de la police, les prêches échappent aussi au conseil régional du culte musulman (CRCM) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. "On a un grand problème. Il n'y a pas de dialogue. La cité est difficile, c'est un quartier chaud là-bas. C'est une mosquée soupçonnée de discours radical tendance salafiste djihadiste. Et de bien d'autres fléaux", explique Abderrahman Ghoul, vice-président du CRCM-PACA. "C'est grave, on est arrivé au tribunal. Les choses traînent. Mais si elle ferme, où vont aller les 200 fidèles ? Ils vont prier dans la rue. Le problème n'est pas réglé", pointe-t-il.

Décision le 11 janvier. La décision d'expulsion est entre les mains de la justice. Jugement le 11 janvier. Si la Ville gagne, et obtient sa fermeture, une aire de jeux et un parking viendront remplacer la mosquée des Oliviers.