3.000 objets pillés dans des églises retrouvés chez un octogénaire

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3.000 objets pillés dans des églises retrouvés chez un octogénaire
Le couple de retraités a dérobé des milliers d'objets religieux.@ JEFF PACHOUD / AFP
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Plus de 3.000 objets pillés dans des églises ont été découverts chez un octogénaire anticlérical et sa compagne, la semaine dernière à Bagneux.

Santons, croix, statues, icônes, chapelets ou cierges... Plus de 3.000 objets religieux en tout genre ont été retrouvés au domicile d'un octogénaire aux convictions anticléricales affirmées, à Bagneux dans les Hauts-de-Seine, lors d'une perquisition en fin de semaine dernière.

Les toilettes recouvertes de crucifix. L'homme et sa voisine, fraîchement baptisée catholique, ont été interpellés, soupçonnés de s'être unis dans une entreprise commune de pillage d'églises durant des mois, dans la banlieue ouest de Paris, a-t-on appris lundi de source concordantes. "Chez l'octogénaire, les toilettes étaient entièrement recouvertes de crucifix, il n'y avait plus un seul centimètre carré de libre", a expliqué l'un des curés victimes du couple de pilleurs, Ludovic Serre, qui officie à Chaville, dans les Hauts-de-Seine, et qui a depuis pu récupérer une partie du butin dérobé.

De simples bougies aux pièces de valeur. Le prêtre avait remarqué la disparition régulière d'objets dans son église Notre-Dame-de-Lourdes à partir de novembre. "Dès que je mettais une croix d'autel sur le confessionnal, ça disparaissait", explique-t-il. Avant le larcin de la crèche en décembre : "Là, c'était trop, je me suis dit, 'Ça suffit', et j'ai déposé plainte." Les policiers lui ont alors appris que d'autres édifices religieux avaient été la cible de mêmes méfaits depuis plusieurs semaines, notamment à Sèvres, Meudon, Saint-Cyr, Montigny-le-Bretonneux ou Cachan, où de modestes bougies comme "des icônes russes anciennes ou de l'artisanat monastique de Bethléem à 3.000 euros pièce" avaient été dérobés, pour un préjudice global estimé à 10.000 euros.

Un curé justicier. Le curé de Chaville, grâce à un système de vidéosurveillance de son église, avait par ailleurs constaté que les malfrats agissaient selon un rite précis, "toutes les 4-5 semaines, le dimanche, entre 16h et 16h30". "J'ai dit à la police que, selon mes calculs, ils devraient revenir le 21 février. Et ils sont revenus ! Avec une demi-heure d'avance", a relaté Ludovic Serre. Les enquêteurs ont alors suivi les deux suspects jusqu'à leurs domiciles, où ils ont été interpellés avant d'être placés en garde à vue. "Les policiers s'attendaient à des jeunes... alors que lui a 80 ans. C'est un apparatchik, un révolutionnaire, qui estime que les biens de l'église doivent être repris ! Et elle, une femme de 60 ans baptisée il n'y a pas longtemps. Il fallait la voir, sur les vidéos, quand elle volait des chapelets", a encore décrit le prêtre.

Remis en liberté, les deux voisins devraient être prochainement convoqués devant le tribunal correctionnel. "On ne veut pas la mort du pêcheur", a précisé, magnanime, le curé.