Un tremblement de terre et des répliques ?

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Un tremblement de terre et des répliques ?
A l'Institut sismique de Strasbourg, la secousse du 11 mars 2011 au Japon a été enregistrée. Toutes les répliques le sont tout autant. Et elles peuvent durer des années.@ MAXPPP
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DECRYPTAGE - Jusqu’à quand peut-on parler de répliques à un séisme ? Europe1.fr fait le point.

Depuis un mois, les Japonais subissent d’importantes secousses sismiques. Il s’agit de répliques du tremblement de terre qui a dévasté le nord-est du Japon le 11 mars dernier. Et ce phénomène se produit à chaque séisme, peu importe sa situation géographique, avec plus ou moins d’intensité. Europe1.fr décrypte ce phénomène naturel.

Des répliques de moins en moins violentes. "Les répliques suivent la taille du séisme principal, avec une magnitude inférieure, et se produisent dans la même zone", précise le sismologue et physicien Pascal Bernard, de l’Institut de physique du globe de Paris, joint par Europe1.fr.

Au fur et à mesure des jours, leur intensité diminue, rapporte ce spécialiste des tremblements de terre. Et ce, selon un schéma bien précis. "Au Japon, par exemple, nous avons eu un très très gros séisme, d’une magnitude de 9 sur l’échelle de Richter. Pour les répliques, on compte un séisme en réplique qui atteint la magnitude du séisme principal moins une unité, puis une dizaine avec deux unités de moins, etc. Dans le cas du Japon, cela donne une réplique à 8 sur l’échelle de Richter, ensuite une dizaine de séismes de magnitude 7, puis une centaine de tremblements de terre de magnitude 6", détaille-t-il avant d’assurer qu’au Japon, "une dizaine de séismes de magnitude 7 ont été comptés. Donc on est, tout à fait, dans l’ordre des choses".

De moins en moins de répliques... La fréquence des secousses diminue avec le temps. Ainsi, affirme Pascal Bernard, "un mois après le séisme, il y a environ trente fois moins de séismes par jour qu’un jour après le tremblement de terre principal". Ce phénomène décroît vite, mais a tendance à ralentir plus le temps passe, explique le physicien : "au bout d’un an, on n’a que dix fois moins de séisme journalier qu’au bout d’un an".

... Mais des répliques pendant des années. Pascal Bernard prévient toutefois que même si l’intensité et la fréquence des répliques peuvent diminuer, elles peuvent s’étaler sur un laps de temps assez long. "Les répliques peuvent se produire pendant encore plusieurs mois, voire encore des années. Ainsi, on peut continuer à avoir des répliques pendant un an, deux ans et même cinq ans pour les très gros séismes".

Quand est-ce que l’on ne parle plus de réplique ? Dans le cas où, un séisme se produirait dans la même zone secouée mais d’une magnitude approximative au tremblement de terre principal, Pascal Bernard utilise le terme de "grosse réplique" ou de "cascade de réplique".

Dans le cas du Japon, il faudrait qu’un prochain séisme atteigne au moins une magnitude de 8. Enfin, précise le sismologue, il y a peu de chance qu’un tremblement de terre de 9 sur l’échelle de Richter se reproduise dans cette même zone, car ces séismes d’une violence extrême "reviennent tous les 1.000 ans ou plus".

Comment gérer les prochaines "répliques" ? Il n’y a pas "grand-chose" à faire, affirme le sismologue. Mieux vaut, confie-t-il, s’intéresser aux prochains séismes prévisibles dans d’autres zones. Par exemple, explique-t-il, "il faut que les Japonais s’apprêtent à faire face, dans quelques années ou même décennies, au séisme qui se prépare dans la région de Tokyo".

Pas de prévision possible à court terme. La grosse difficulté des sismologues est de ne pas pouvoir établir des prédictions à court terme. "On sait qu’une zone est près de son cycle de fin de préparation", mais cela ne se quantifie pas en un nombre exact d’années, de mois ou d’heures, reconnaît Pascal Bernard.

Le tout étant également de ne pas se tromper dans les prévisions également. Car, "le séisme qui vient d’arriver était prévisible, mais a un niveau de probabilité extrêmement faible", convient le sismologue. "Les Japonais n’avaient pas considéré sa possibilité dans les normes parasismiques. Aucun séisme n’était envisagé dans cette région là du Japon", se rappelle-t-il avant de concéder : "il est clair que l’on a eu tort".