Thon rouge : la France ne tranche pas

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Thon rouge : la France ne tranche pas
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Le ministre de la Pêche a plaidé mercredi pour une interdiction de sa commercialisation hors de l'UE.

Pour ou contre l’interdiction du commerce du thon rouge ? Le choix semble difficile. Nicolas Sarkozy devrait présenter la position de la France en début de semaine prochaine. Une décision qui aurait déjà du être arrêtée lundi lors de la réunion interministérielle des représentants du ministère de l'Agriculture, de l'Ecologie et des Finances. Le sujet est délicat à trancher. Difficile d’allier protection d'une espèce en danger et revendications des pêcheurs.

La France peut se positionner pour une inscription du thon rouge à l’annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES), qui interdit totalement la vente de ce poisson. Une position défendue par les écologistes. L’autre possibilité est une inscription à l'annexe II, beaucoup moins restrictive, avec quota d'exportation. Elle concerne les espèces dont la survie n'est pas menacée à l'heure actuelle, mais pourrait l'être à l'avenir

A l'issue du Grenelle de la Mer, Nicolas Sarkozy avait annoncé en juillet au Havre, au nom du "respect des avis scientifiques rendus", que la France soutiendrait "l'inscription du thon rouge à l'annexe de la Convention internationale sur les espèces sauvages, pour en interdire le commerce", soir l’annexe 1. Mais le chef de l’Etat avait fait marche arrière à l'automne.

"Je souhaite qu'effectivement nous prenions des décisions d'encadrement de la pêche, d'interdiction de la commercialisation, mais pas d'interdiction de la pêche", a déclaré mercredi le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire. Avec une inscription à l’annexe 2, "nous interdisons 90% des exportations de l'Union européenne vers l'extérieur, donc je crois que ce sera déjà un progrès important", a-t-il fait valoir.

Le but d’une inscription à l’annexe 1 serait de couper la route au marché japonais, acquéreur de plus de 80% des prises effectuées en Méditerranée pour la confection des sushis et prêt à le payer à un prix d'or : un thon rouge de 232 kilos a été ainsi vendu 122.000 euros, la première semaine de janvier à Tokyo, soit plus de 500 euros le kilo.

Les pêcheurs ont prévenu dimanche que si le "fantasme écologique" devait l'emporter, ils "n'auraient plus rien à perdre et sauraient prendre leurs responsabilités". En France, la pêche au thon rouge mobiliserait aujourd'hui moins de 30 bateaux français, selon des informations recueillies dans les coulisses des ministères.