Prime, apprentissage : le plan de Hollande pour l'emploi des jeunes

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Prime, apprentissage : le plan de Hollande pour l'emploi des jeunes
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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EMPLOI - François Hollande a confirmé dimanche que la prime d'activité bénéficierait bien aux jeunes. Il a aussi annoncé des mesures en faveur de l'apprentissage. 

Il voulait s'adresser aux jeunes et les rassurer. Mais pas sûr qu'il ait rempli cet objectif. François Hollande était l'invité dimanche du "Supplément" de Canal+ ,où il a annoncé différentes mesures en faveur de l'emploi mais sans forcément les détailler. La côte de popularité du président n'est guère florissante chez les Français et chez les jeunes en particulier. Alors que les 18-24 ans ont voté à 28% pour le candidat socialiste en 2012, ils n'étaient plus que 19% à voter PS au premier tour des départementales en mars dernier. François Hollande qui a reconnu que "les précaires sont souvent les plus jeunes", souhaite inverser cette tendance. Europe 1 vous présente ce qu'il faut retenir de ces annonces. 

Prime d'activité, quoi de neuf ? Le président de la République a confirmé ce qu'on savait déjà en partie. Les aides à la reprise d'un emploi, multiples aujourd'hui, vont être redéployées pour faire "plus simple", a annoncé François Hollande. À partir du 1er janvier 2016, la prime d'activité va ainsi remplacer la prime pour l'emploi et le RSA-activité. 

Le président a aussi confirmé ce qui avait été déjà annoncé en mars. Cette prime sera bien élargie à tous les travailleurs précaires gagnant moins de 1.400 euros par mois, jeunes de moins de 25 ans compris. La mesure est d'ores et déjà inscrite dans la loi sur le Travail qui sera présentée par François Rebsamen mercredi en Conseil des ministres. 

Aussi pour les étudiants qui travaillent et les apprentis. Si le chef d'Etat a parlé d'élargissement aux moins de 25 ans, il n'a cependant pas évoqué le cas des jeunes qui cumulent travail et études, ni des apprentis qui pour le moment ne bénéficient pas de primes. Mais selon l'entourage du président qui l'a confirmé à Europe 1, tous les jeunes de moins de 25 ans qui travaillent seraient bien concernés par cette prime, soit les étudiants qui ont un emploi et les apprentis. Le montant de l'aide qu'ils toucheraient n'a cependant pas encore été communiqué. Ce détail ne sera décidé que dans le cadre de la loi Rebsamen. Ce qui est sûr, c'est que cet élargissement coûtera environ 1 milliard d'euros à l'Etat.

La mesure ne réjouit pas la CFDT. "Ça n'a pas de logique car comme son nom l'indique, la prime d'activité doit bien cibler les familles en difficulté, en particulier les familles monoparentales, les gens qui travaillent à temps partiel et elle doit aussi aider les jeunes en difficulté d'insertion", estime au micro d'Europe 1 Véronique Descacq, numéro deux du syndicat. "Les étudiants et les apprentis ne sont pas dans cette cible, donc, clairement, ça n'a aucun caractère incitatif pour eux, ils ne vont pas travailler plus puisqu'ils sont dans un autre projet". La CFDT craint par conséquent que les aides pour les salariés les plus en difficulté, jeunes compris, soient diminuées.

Faciliter l'embauche d'apprentis mineurs. Le gouvernement essaye de réanimer le secteur de l'apprentissage qui accumule les mauvais chiffres depuis que des mesures en sa faveur ont été supprimées en 2013. Après des coups de pouce décidés en septembre 2014, François Hollande a annoncé dimanche une aide pour les entreprises de moins de 20 salariés : elles ne paieront "plus rien" sur l'emploi d'apprentis mineurs. 

Insuffisant, estime François Asselin, président de la CGPME qui représentent les petites et moyennes entreprises. "Relancer l'apprentissage, ce n'est pas seulement que de l'argent, c'est aussi alléger ses applications sans pour autant enlever la protection nécessaire à laquelle tout salarié a droit, qu'il soit mineur ou pas", souligne-t-il au micro d'Europe 1. "Il faut vraiment en vouloir aujourd'hui pour continuer à employer des apprentis, surtout mineurs car c'est beaucoup de déclarations à faire" et une visite de l'inspection du travail, explique ce responsable. "Cela peut décourager bon nombre d'employeurs", estime-t-il. 

Le gouvernement s'était donné pour objectif 500.000 apprentis pour 2017. Or, depuis deux ans, leur nombre recule et on en dénombre actuellement 400.000.

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