Le patron licencie et "brade" sa boîte sur internet

  • A
  • A
Le patron licencie et "brade" sa boîte sur internet
Partagez sur :

EMPLOI - Après un licenciement compliqué, les salariés d'une entreprise de la Somme ont constaté que leur boîte était en vente sur Leboncoin.fr.

Rideaux de fer baissés et parking désert. A Moreuil, dans la Somme, les bâtiments de la société MLT (Méditerranéenne Logistique des Transports) sont à l'abandon depuis une liquidation judiciaire décidée en octobre. Les salariés pour qui le licenciement ne s'est pas passé dans les règles, ont dû en plus constater que leur ancien patron avait mis en vente sur Leboncoin.fr le site de l'entreprise. 

450.000 euros sur leboncoin.fr. Jean-Luc a travaillé pendant un an à la MLT avant d'être licencié du jour au lendemain. Alors qu'avec les autres salariés, il s'attendait à voir les bâtiments saisis par le tribunal de commerce, il a trouvé fin janvier son ancienne entreprise en vente sur Leboncoin.fr. L'annonce, postée par son  ex-patron en personne, proposait le site de 1.500 m2 pour 450.000 euros.

Virés "comme des chiens". "Je tombe là-dessus et je suis dégoûté", raconte Jean-Luc à Europe 1. "J'ai la rage, je ne peux pas supporter ça", ajoute-t-il. Selon lui, les employés ont été "virés comme des chiens" et "ils n'ont jamais vu le directeur". Lors du licenciement, la boîte a beaucoup tardé à envoyer les papiers à Pôle emploi, "du coup, pour s'y inscrire, ça a été une vraie galère", déplore-t-il. Et les indemnités, elles, ont été versées au compte-goutte. "J'avais des charges et un loyer à payer, ça m'a mis dans la m…", se rappelle Jean-Luc.

David Ballet, l'ancien patron, se défend par l'intermédiaire de son avocat. Selon ce dernier, rien n'est illégal dans le fait de mettre en vente les bâtiments de l'entreprise puisque son client en est le propriétaire. 

Rendez-vous au tribunal. Pas de quoi calmer Jean-Luc, qui licencié à 50 ans, n'a pour le moment toujours pas retrouver d'emploi. Les anciens salariés de la MLT, qui ne veulent pas se laisser faire, ont ainsi déposé un recours devant le tribunal administratif de Nîmes. La première audience aura lieu le 13 mars. 

>> LIRE AUSSI - Renault : 183 personnes embauchées à Sandouville

>> LIRE AUSSI - SNCM : quel que soit le repreneur, l’emploi en pâtira

>> LIRE AUSSI - Une branche professionnelle sur huit ne respecte pas le smic