Le Centenaire de la déclaration Balfour réveille les passions autour de l'État d'Israël

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Vincent Hervouët vous parle international est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Sébastien Krebs traite d’un sujet international.

Sébastien Krebs remplace Vincent Hervouët du mercredi 1er novembre au vendredi 3 novembre 2017.

Un anniversaire qui réveille les passions autour de l'État d'Israël : le centenaire de la déclaration Balfour.

Petit rappel, le 2 novembre 1917, le ministre des Affaires étrangères britannique, Lord Balfour, signe cette lettre. 67 mots qui vont changer le cours de l'Histoire.

"Le gouvernement de Sa majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine, d'un foyer national pour le peuple juif". "Foyer", on ne parle pas encore d'État.

À l'époque, 700.000 Palestiniens cohabitent avec seulement 60.000 Juifs, et si les Historiens débattent encore de la valeur et de l'impact à donner à ce texte, beaucoup considèrent qu'il a lancé un appel, et accéléré le mouvement d'émigration.

Premier soutien officiel d'une grande puissance au mouvement sioniste. Célébré d'un côté comme la pose de la première pierre de l'État d'Israël, proclamé 30 ans plus tard, dénoncé de l'autre comme le péché originel menant à des décennies de souffrance pour des Palestiniens dépossédés de leurs terres.

100 ans plus tard, évoquer et commémorer la déclaration Balfour ravive forcément les passions. Deux visions de l'Histoire, toujours irréconciliables.

Le gouvernement palestinien avait réclamé, devant l'ONU, des excuses au Royaume Uni. Theresa May, bien au contraire, a rétorqué qu'elle commémorerait "avec fierté" cet anniversaire. Elle invite ce soir le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à un dîner officiel, à Londres. Le chef de l'opposition britannique Jeremy Corbyn, va boycotter.

Une voix est intéressante à entendre aujourd'hui, c'est celle de l'un des descendants de Lord Balfour.

Et il est d'ailleurs convié à ce dîner autour de Theresa May. Il s'appelle Roderick Balfour, il a 68 ans et c'est l'arrière petit neveu de Lord Balfour. Il a un regard plutôt critique sur ce qui a suivi la signature du texte par son aïeul. Sa mise en œuvre a été "déséquilibrée" dit-il. "Je suis sûr qu'il aurait trouvé cela "inacceptable".

L'esprit de la déclaration n'était pas là. D'ailleurs, elle exigeait que "rien ne puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives". Au lieu de ça, il dénonce les conditions "abjectes" dans lesquelles vivent de nombreux palestiniens aujourd'hui, pointant la responsabilité à la fois d'Israël et des mouvements comme le Hamas ou le Hezbollah.

Comment être optimiste, 100 ans après ? La question des frontières reste insolvable. La construction de nouvelles colonies israéliennes amoindrit tout espoir d'une solution à deux États. Et si côté palestinien, le Hamas tente bien de se rabibocher avec le Fatah plus modéré, il n'abandonne pas pour autant la lutte armée, et ne reconnaitra jamais Israël.

Tout cela au détriment des populations, à Gaza étranglée par le blocus ou en Cisjordanie, enserrée par le mur.