Implantation record de start-ups en France et les Rohingyas, victimes de nettoyage ethnique entre Birmanie et Bengladesh : les experts d'Europe 1 vous informent

SAISON 2016 - 2017
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Axel de Tarlé, Géraldine Woessner et Sophie Larmoyer font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé, expert économie

Lancement à Paris de la plus grosse pépinière d'entreprise du monde.
Le "Station F", dans le 13eme arrondissement, prévoit d'accueillir 1.000 Start-up.

Cet incubateur comme on dit, ouvrira en avril prochain.
Mais depuis lundi soir, tout ceux qui ont un projet d'entreprise peuvent remplir un formulaire sur le site internet de la Station F.
Ensuite, si votre projet est retenu, vous pourrez bénéficier d’un bureau pour 195 euros par mois dans ce qui est un immense campus technologique au cœur de Paris.
Il s’agit du plus grand du monde avec 34.000 mètres carré de bureau pour 1000 start-Up. Une incroyable fourmilière d'idées et de compétences...

C'est Xavier Niel, le patron de Free qui l'a entièrement financé, il souhaite attirer des start-up du monde entier.

Mais, Paris est suffisamment attractive pour les jeunes pousses ?

La semaine dernière article dans le Financial Times, la bible de la City, s'étonnait de voir Paris talonner Londres comme Capitale Européenne des Start-up.
En France, on a des ingénieurs.
Et puis, le Bréxit fait que Londres a moins la cote. Les start-up anglaises pourraient perdre le passeport européen qui leur permet d'opérer partout en Europe.

Et la fiscalité ? On ne cesse de dénoncer une fiscalité confiscatoire pour les entrepreneurs.

Non, il y a tout un tas de dispositifs d'exonération.
Xavier Niel, un peu dans la provoc, a dit que la France était un paradis fiscal pour les entrepreneurs.

Et puis, surtout, quand vous avec 25 ans et que vous lancez une start-up, vous ne le faites pas pour payer moins d'impôts mais pour créer. Aujourd'hui, on a toute une génération de jeune créateur appelée la Génération Google.

Il y a 20 ans, quand on sortait d'HEC, on allait dans la finance ou le consulting. Aujourd'hui, on veut créer sa boite.
20% de ceux qui sortent d'HEC ou de l'Insead se lancent dans l'aventure hi-tech.


Sophie Larmoyer, experte internationale

L’ONU dit que c’est l’une des minorités les plus persécutées au monde : on parle ce matin des Rohingyas, une minorité musulmane de Birmanie. Au moins 21.000 réfugiés auraient fui au Bangladesh voisin ces deux derniers mois.

Oui ils fuient les exactions perpétrées par l’armée birmane elle-même. Ça se passe dans l’État d’Arakan, sur la côte ouest du pays. Début octobre, trois postes frontières étaient attaqués par des insurgés rohingyas, affirment les militaires birmans et depuis, une vague de répression touche cette minorité. Les récits des rescapés sont terribles : ils évoquent des exécutions, des viols systématiques, de la torture. Human Rights Watch rapporte que plus de 1.000 maisons ont été incendiées, l’armée prétend que ce sont les Rohingyas qui brûlent leurs propres villages. Mais un responsable de l’Onu dans la région accuse carrément la Birmanie de mener une campagne de "nettoyage ethnique".

Pourquoi sont-ils persécutés, ces Rohingyas ? Cet épisode est, en fait, le dernier d’une longue série ?

Ils ont toujours été discriminés mais sont devenus légalement apatrides en 1982, quand la junte militaire au pouvoir les a déclarés "non birmans". Et depuis c’est l’enfer pour le million de Rohingyas du pays, minorité musulmane dans une Birmanie à 95% bouddhiste. Ils ont subi des opérations de purification : stérilisations forcées, esclavage et viols. Ils vivent dans des villages fermés ou des camps de rétention, sans accès aux soins ni à l’éducation. Et là encore, ils sont attaqués par les nationalistes bouddhistes, au point qu’aujourd’hui plus de 200.000 d’entre eux ont fui au Bangladesh, le pays voisin qui aujourd’hui ne veut plus les accueillir et qui repousse ceux qui arrivent à la frontière.

Mais ces dernières années le pays s’est ouvert et c’est le prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi, qui dirige le gouvernement birman aujourd’hui, que fait-elle ?

Pas grand-chose. Pourtant là-bas en Asie, dans les pays musulmans voisins, certains dénoncent un "génocide" en cours.

Mais la zone est toujours bouclée, interdite aux observateurs et aux journalistes. La Dame de Rangoon essaye sans doute de préserver le fragile équilibre avec l’armée, qui échappe à son contrôle. Un espoir peut-être : Kofi Annan, l’ancien patron de l’Onu, a été sollicité fin août, par Aung San Suu Kyi, pour chercher des solutions au conflit ethnique. Kofi Annan qui est, ces jours-ci, en Birmanie.


Géraldine Woessner pour le Vrai faux de l'info

Le vrai-faux de l’Info avec les plans anti-pollution de Yannick Jadot.

Le candidat écologiste à la présidentielle toussait hier à Paris, en plein pic de pollution. Le Diesel et ses particules fines, responsable de 48.000 décès par an en France, c’est sa bête noire.

Yannick Jadot : "Aujourd'hui, on a une niche fiscale sur le diesel qui est de l'ordre de cinq milliards". "Remontons progressivement la taxation sur le diesel pour qu’elle soit équivalente à la taxation sur l’essence".

Il y a une niche fiscale sur le diesel qui représente cinq milliards d’euros, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est vrai. Elle représente même davantage, un peu plus de six milliards en 2015, selon la Cour des comptes qui vient de rendre un rapport. C’est un héritage historique, une fiscalité avantageuse qui avait été mise en place dans les années 50 pour favoriser les les professionnels de la route et les constructeurs automobiles français s’y sont adaptés en développant le diesel plus que tout autre pays. Il représente toujours 52% du marché total même si on le sait, maintenant, il rejette moins de co2 mais davantage de particules fines. L’avantage fiscal n’est donc plus justifié et il a des effets pervers puisqu’il freine la transition vers d’autres types de moteurs.

Pourquoi on ne supprime pas tout simplement cette niche ? 

On tente de le faire, justement. Depuis 2016, la fiscalité sur le diesel a été alourdie, un centime de plus à la pompe, mais pour ne pas taxer démesurément les particuliers, c’est le parc des entreprises maintenant, que le gouvernement vise. Près de neuf voitures sur 10 achetées par les sociétés sont diesel, tout simplement parce qu’elles peuvent déduire 80% et jusqu’à 100% de leurs TVA, uniquement sur le gazole. L’idée c’est d’étendre cette avantage aux voitures à essence. La loi, vient d’être votée en première lecture à l’Assemblée. La TVA va aussi devenir déductible sur les véhicules à essence, ça sera de l’ordre de 10% en 2017 et 20% en 2018, en tout l’alignement va prendre cinq ans.

Donc pour inciter à moins polluer, on baisse la TVA pour tout le monde ?

Oui, ça a l’air contre-intuitif, mais le problème, c’est qu’on ne peut pas supprimer cet avantage sur le diesel, cette TVA réduite, une directive européenne l’interdit. La seule solution pour supprimer l’incitation, c’est donc de l’étendre à tout le monde, et sur cinq ans pour laisser le temps aux industriels du secteur de s’adapter, il y a beaucoup d’emplois en jeu. À noter que le prochain budget prévoit aussi un coup de pouce fiscal pour les voitures électriques.