Donald Trump prépare son équipe et combien coûterait la disparition des abeilles : les experts d'Europe 1 vous informent

SAISON 2016 - 2017
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Axel de Tarlé, Géraldine Woessner et Sophie Larmoyer font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé, expert économie

Combien nous couterait la disparition des abeilles ?

Le Ministère de l'Environnement a chiffré la valeur du "service rendu" par les abeilles pour l'agriculture française.

Les abeilles sont essentielles à la pollinisation.
Petit rappel de cours de biologie de 4e : l'abeille va acheminer le pollen vers le pistil de la fleur, ce qui va permettre à l'arbre fruitier de produire des fruits comme des pommes ou des cerises.
Pour faire simple, s’il n’y a pas d’abeille, il n’y a pas de fruit non plus.

Ce n’est pas une vue de l'esprit.
En Chine, dans certaines régions en Chine et notamment le Sichuan, on a tellement utilisé de pesticides qu'il n'y a plus d'abeille, il n’y a donc plus de pomme ni de poire.

Que se passe-t-il ?

Ce sont les hommes qui, à la main, effectuent ce travail de pollinisation avec une petite tige, "un plumier". Ils déposent un peu de pollen sur le pristil des fleurs.
On les appelle, les hommes-abeilles et ils mettent 30 minutes environ pour polliniser toute les fleurs d'un arbre fruitier.

On peut chiffrer ce "service rendu" par les abeilles qui consiste à "polliniser" les arbres fruitiers ?

Une ruche peut polliniser gratuitement trois millions de fleurs par jour.
Les Nations-Unies ont chiffré à plus de 150 milliards d'euros ce service rendu par la abeilles, l’équivalent de l'économie de la République Tchèque.
Adapté à la France, ce "service rendu" se chiffre à près de trois milliards nous dit le ministère de l'Environnement.

Face à la raréfaction des abeilles, Il y a tout un business de location de colonies d'Abeilles, très demandés par les agriculteurs au moment de la floraison des arbres fruitiers au printemps.


Sophie Larmoyer, experte internationale

C’est la pause de Thanksgiving aux États-Unis, Donald Trump est depuis mardi soir dans son golf de Mar-a-Lago à Palm Beach. Mais depuis la Floride, hier, il a tout de même poursuivi la constitution de son équipe, en nommant deux femmes, dont la future ambassadrice des États-Unis.

Une femme, qui plus est jeune et issue d’une famille immigrée indienne sikh. Dans une équipe jusqu’ici masculine, blanche et plutôt âgée, ça n’est pas anecdotique.

Nikki Haley, c’est son nom, est la gouverneure de Caroline du Sud. Elle n’était pas un soutien de la première heure du candidat Trump mais c’est une étoile montante du Parti républicain. Elle n’a pas d’expérience des questions internationales et pourtant avec ce poste d’ambassadrice à l’ONU, elle devra traiter de gros dossiers comme ceux de la Syrie, l’Ukraine, de l’Iran ou du climat et s’adapter à la "diplomatie Trump", aux contours pour le moins flous à ce stade.

La seconde femme nommée hier occupera le ministère de l’Éducation.

Exactement, avec un profil très différent. Betsy DeVos est une femme d’affaire, milliardaire et philanthrope. Elle et son mari donnent chaque année de grosses sommes à des organisations et fondations chrétiennes et conservatrices.

C’est une partisane de "l’école libre", du choix entre le public, le privé ou l’enseignement à la maison. Traduction, pour les syndicats d’enseignants qui réagissaient dès hier soir : une "idéologue hostile à l’école publique", et qui ne ferait rien "pour aider les étudiants les plus vulnérables".

Les précédentes nominations avaient mis la barre très à droite dans l’équipe du nouveau président.

Oui et même à l’extrême-droite pour son conseiller en stratégie, Steve Bannon.

À la Justice, c’est un fidèle qui a été choisi : Jeff Sessions, qui avait été disqualifié pour devenir juge, en 86, à cause de propos racistes. Il est "pour" le mur à la frontière mexicaine, "contre" la régularisation des sans-papier, contre l’IVG et le mariage de personnes de même sexe.

À la Sécurité nationale, Mike Flynn, un ancien général, a des positions extrêmement dures envers l’Islam. Tout comme le parlementaire Mike Pompeo, qui devrait devenir le patron de la CIA. Ces nominations devant être confirmée par le Sénat.


Géraldine Woessner pour le Vrai faux de l'info

Le vrai faux de l’Info avec François Fillon qui était notre invité hier matin.

Thomas Sotto a eu un échange assez vif, sur le bilan de Margaret Tatcher concernant les succès de la dame de fer qui l’ont fait bondir.

Thomas Sotto : "Il y avait plus de chômage après qu'avant et les pauvres étaient plus pauvres après qu'avant".

François Fillon : "Mais pas du tout ! Entendre des trucs pareils ça laisser rêveur du sérieux d'un certain nombre d'analyses".

Pas plus de chômage quand elle est partie et pas plus de pauvres non plus, c’est ce que dit françois Fillon. C’est vrai ou c’est faux ?

Les chiffres donnent raison à Thomas Sotto après il peut y avoir débat sur leur analyse.

En 79, quand Thatcher arrive au pouvoir, le taux de chômage est à 5%, mais l’économie est écrasée de dettes, sous perfusion du FMI et paralysée par les syndicats. La dame de fer inflige un remède de cheval, un choc pour passer d’une économie administrée, à une économie libéralisée. Elle tranche les budgets, privatise en masse et baisse l’impôt des sociétés. À court terme, le résultat est socialement désastreux : le chômage s’envole et atteint 11,2% en 86. Mais à long terme, et c’est ce que monsieur Fillon choisit de retenir, la croissance repart en effet, l’inflation se calme et la croissance s’installe. En 90, quand elle quitte le pouvoir, le chômage est retombé à 6,8%, la même année en France. il est a 9%.

Mais la pauvreté, elle, va rester ? 

Absolument ! En gros, le nombre de pauvres, sous le règne de Thatcher, va plus que doubler, alors qu’au même moment, la France est sur une courbe inverse.C’est pour cela que son bilan est tellement contesté. Les britanniques en général se sont enrichis, beaucoup sont devenus propriétaires, mais la pression s’est accentuée sur ceux laissés au bord de la route, ces ouvriers du charbon, de la sidérurgie, dont les usines ont fermé. Tous n’ont pas pu se recycler dans les services comme la finance, qui étaient les nouveaux moteurs de l’économie britannique. Est-ce qu’il faut en déduire que la potion est mauvaise ? C’est une question de choix. Les travaillistes, après Thatcher, n’ont pas changé de direction, les inégalités sont toujours là et pas tellement plus prononcées qu’en France, qui a eu elle aussi son lot de réformes libérales.

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