Pourquoi un tsunami centriste est-il possible aux législatives ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques jours du premier tour des élections législatives.

Pourquoi un tsunami centriste est-il possible aux législatives ?

Les législatives, ce sont certes 577 élections locales sur toute la France, avec chacune sa spécificité et son contexte. Mais, tout de même, les sondages nationaux annoncent une forte vague en faveur du mouvement d’Emmanuel Macron. Entre 29 et 31 % d’intentions de vote au premier tour, dix points ou plus devant Les Républicains et le FN. Soit, en projection de sièges, de 320 à 350 députés à l’arrivée, très largement plus que la majorité absolue qui est à 289.
Si tel était le cas, ce serait la première fois dans l’histoire de France qu’un parti d’à peine un an d’existence domine ainsi la vie politique.
Même l’Union pour la Nouvelle République, fondée par un certain De Gaulle, n’a pas réussi pareil raz de marée aux législatives de novembre 1958. Et Dieu sait pourtant si l’UNR avait bousculé les vieux partis de l’époque.

Si ce tsunami se confirme, ce serait aussi la grande revanche du centre.

Oui, même si en lançant son parti, Macron préférait le qualifier de "et de droite et de gauche", il s’agit bien avec La République en Marche d’une nouvelle variation du centre.
Un centre majoritaire à l’Assemblée nationale, ce serait ce que Valéry Giscard d’Estaing président, flanqué des gaullistes, n’a jamais eu. Il a même rêvé plus tard qu’il puisse représenter deux Français sur trois dans la société.
Eh bien, près de 40 ans après, Macron va peut-être réussir là où VGE a échoué.
La chance de Macron, c’est que les autres partis sont divisés et usés. C’est aussi que beaucoup de Français semblent fatigués par le vieux clivage gauche-droite qui, à leurs yeux, paralyse le pays. Et par définition, un président du centre peut rassembler plus large qu’un président de droite ou de gauche qui peinera toujours à séduire les électeurs du camp adverse.

Qu’est-ce qui pourrait empêcher Macron d’obtenir une majorité absolue ?

L’affaire Richard Ferrand, bien sûr, du nom de son ministre et fidèle lieutenant, qui peut laisser à penser à l’opinion que, décidément, rien n’a vraiment changé. Question : Macron va-t-il laisser le doute se propager ?

EN DIRECT : le 1er tour des élections législatives 2017, le 11 juin sur europe1.fr