Fillon assailli de toutes parts

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Alors qu'il était déjà au centre de nombreuses critiques sur son projet de réforme de l'Assurance-maladie ou encore sa supposée proximité avec Poutine, François Fillon a également été la cible de Pierre de Villiers.

Sale fin d’année pour lui, Fillon est assailli de toutes parts.

La dernière salve vient de Pierre de Villiers, le chef d’état-major des Armées, qui tire la sonnette d’alarme : le budget militaire doit être augmenté et vite, d’ici à la fin du prochain quinquennat, c’est le "prix de la paix", écrit-il sans ambages dans une tribune publiée hier dans Les Échos.
C’est clair, le message est adressé à Fillon dont le programme ne prévoit pas d’atteindre un tel objectif avant 2025. Le message est d’autant plus rude pour le candidat de la droite, qu’il ne nomme pas, que Villiers a été son chef de cabinet militaire lorsqu’il était à Matignon.
Les deux hommes se connaissent bien, s’apprécient. Mais, cela se sait en coulisses, Villiers est inquiet des prévisions de Fillon en matière de défense alors que la menace terroriste intérieure est à son comble et que la France est engagée sur plusieurs fronts à l’étranger.

Fillon n’avait vraiment pas besoin de cela.

Cette attaque à peine déguisée vient encore un peu plus charger sa barque.
Le feu couve partout : contre son projet de réforme de l’assurance-maladie, contre son plan de suppression de 500.000 postes de fonctionnaires, contre son refus de revenir sur le non cumul des mandats des élus, contre son silence pendant le drame d’Alep, contre sa proximité supposée avec Poutine…
N’en jetez plus. Le pire pour lui, c’est que nombre de ces polémiques sont alimentées par son propre parti et des électeurs de droite.
Fillon doit être impatient de passer à 2017 et de repartir en campagne pour s’expliquer, déjouer les pièges et éteindre les rumeurs.
Il est grand temps, car sa popularité chute dans les sondages où Macron ne cesse de marquer des points et le dépasse.

François Fillon reste-t-il le favori de la présidentielle ?

Bien sûr, mais il doit confirmer la solidité de ses propositions et montrer plus d’empathie. Il en est conscient car, autour de lui, on commence à redouter de plus en plus la concurrence de Macron.