Le plafonnement des salaires des patrons

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Henri Ford, avait théorisé le principe du salaire maximal du patron, avec un écart situé entre 1 et 40 par rapport à leurs employés.

Le vrai faux de l’info, avec vous, Géraldine Woessner, et la lutte contre les inégalités de Nicolas Dupont-Aignan. 

Le candidat de Debout la France affolé du creusement des inégalités, veut rouvrir le débat sur le plafonnement du salaire des patrons. Une mesure qui n’a rien de révolutionnaire, selon lui.

 

Le fondateur de Ford était pour un salaire maximum. C’est vrai ou c’est faux ?

 

C’est vrai. Henry Ford, figure du capitalisme, qui a porté l’optimisation de la main d’oeuvre à des sommets au début du siècle, avait théorisé l,acceptabilité de son système de production de masse : bons salaires pour que les gens soient productif, qu'il n'aient pas envie de déserter ses chaînes de montage et un écart de 1 à 40 entre le salaire du patron et l'ouvrier pour éviter l,explosion sociale avant lui, le banquier JP Morgan avait fixé le ratio de 1 à vingt. Et Platon, bien avant eux, avait mené cette réflexion, ce questionnement sur le partage des richesses existe dans toutes les démocraties du monde. Pourquoi ce débat ressurgit-il ? parce que si le ratio est resté globalement, de 1 a 50 jusque dans les années 70, il a explosé par la suite.

Les patrons américains gagnent en moyenne 350 fois plus que leurs salariés, selon l’OCDE, en France c’est 130 dans les grandes entreprises, alors que dans la même période, les salaires de base ont stagné.

 

 En même temps, le monde a changé, est-ce qu'il faut prendre modèle, en 2017, sur des patrons de 1915 ?

 

La question ne se pose pas qu’en France, Thomas. C’était le cœur de la campagne aux États-Unis, qui a vu élire Donald Trump. Et Ford incarne toujours ce lien entre morale, et capitalisme qui s'est rompu dans les années 80. L’État providence maintenant a pris le relais, et compense les richesses parfois mal réparties dans les grandes entreprises.  Alors que proposent les candidats, pour ceux qui en parlent. Jean-Luc Mélenchon, veut un plafond net, ratio de 1 à 20. Celui de Nicolas Dupont-Aignan est plus large, hein, il cite une vie de salaire. C’est un million par an, au salaire moyen. Marine le Pen est sur la même ligne, un million. François Fillon, n’en parle pas, et Emmanuel Macron est sur une position beaucoup plus consensuelle, il veut que les ratios d’équité soient publiés par les entreprises, exactement ce que vont faire, cette année, les Etats-Unis où personne n’en attend de miracles.