Menace sur Canal+, le portrait robot du prochain président et les nano-robots : les experts d'Europe 1 vous répondent

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Axel de Tarlé, Antonin André et Anne Le Gall, font le point sur l'actualité du jour. 

Axel de Tarlé, expert économie

Tremblement de terre dans le PAF : Vincent Bolloré pourrait FERMER CANAL + ! Vincent Bolloré, hier, a été très direct lors de l'Assemblée générale de Vivendi : si les pertes continuent, il faudra fermer le robinet. Les pertes de Canal+ France, les 6 chaines payantes, Canal+ sport, cinéma, series, family, décalé) vont se monter cette année à 400 millions d'euros, alors que tout le reste est bénéficiaire (D8, D17, Studio Canal, Canal Sat, ou l'étranger). Et les pertes, augmentent d'année en année (264 millions l'an dernier). Canal+ négocie un rapprochement avec BeInSport pour à nouveau offrir le meilleur du sport, mais ce rapprochement, pourrait être interdit par les autorités de la concurrence. Et Vincent Bolloré envoie un message à l'autorité de la concurrence : si le rapprochement est empêché, Canal + France pourrait bien fermer ! On dit aussi que I-télé serait menacé, car la chaîne perd de l'argent. Des pertes qui augmentent : 16 millions 2014, 20 en 2015, 25 millions cette année. Alors qu'une nouvelle concurrence arrive puisque LCI vient de passer en gratuit, et que la nouvelle chaîne publique d'information continue va voir le jour. I-télé pourrait donc revoir son modèle, et abandonner le hot-news, l'info en continu qui coûte très cher. De la même façon, les programmes en clair de Canal+ sont jugés trop coûteux. En interne, certains craignent que les programmes en clair (qui sont censés déclencher des abonnements) ne finissent par être totalement supprimés. Vincent Bolloré se défend d'être à l'origine de la crise. C'est parce que Canal+ perd de l'argent et des abonnés, qu'il fait ce ménage.

Antonin André, expert politique

Un sondage Europe 1 avec l’institut ELABE, à un an pile avant le premier tour de la présidentielle, dessine le portrait robot du Président idéal et montre la volonté des Français d'un grand renouvellement. Un président plutôt jeune, dont les principales compétences sont pour 89% des sondés les suivantes : s’exprimer en anglais, avoir une longue expérience dans le privé pour 76%. Ces deux compétences ne sont pas celles de nos derniers présidents, on peut relier cela à l’exigence des Français de faire face à la mondialisation et aux problèmes économiques. Ce président jeune, anglophone avec une expérience de l’entreprise, les Français attendent de lui non pas qu’il apaise qu’il rassemble, ils attendent de lui qu’il réforme le pays en profondeur même si cela provoque des mouvements sociaux et des manifestations. Les Français à 57% veulent que ça change. Et pour réformer fortement, ce président gouvernerait avec une majorité rassemblant des personnalités de gauche, de droite et du centre.

Si on fait la synthèse de toutes ces qualité, un nom semble s’imposer à gauche en tous cas et même au-delà puisqu’il est aussi populaire à droite : Emmanuel Macron. Ce dernier a tout de même un handicap qu’il ne devrait pas négliger. Outre l’anglais et l’entreprise, les Français pour 76% d’entre eux veulent un président qui a une expérience d’élu local. Cette notion d’enracinement et de proximité avec le pays réel que n’a pas Emmanuel Macron.

A droite, aucun profil ne se rapproche vraiment du président idéal. Alain Juppé, favori des sondages cumule le handicap de l’âge, et celui d’avoir d’avantage l’image du rassembleur, celui qui apaise et rassure. Les feux de la réforme en profondeur, c’est le créneau de François Fillon. Si on pense renouvellement par l’âge, c’est plutôt Bruno Lemaire qui a l’avantage, en plus de maîtriser parfaitement l'anglais et d'avoir une expérience d’élu local.
 
Par ailleurs, ce portrait idéal exprime un besoin de renouvellement qui ne favorise pas les président ou ex-président François Hollande et Nicolas Sarkozy. François Hollande est honnête qualité première pour un président. Mais en dehors de ce trait de caractère, qu’il s’agisse de l’anglais, de l’expérience dans le privé, ce n’est pas évident en effet. Nicolas Sarkozy incarne l’autorité, le dynamisme mais ce sont des qualités qui arrivent plus en retrait. Et surtout un chiffre pourrait les décourager : 65% des sondés attachés au renouvellement souhaitent bien entendu que le futur candidat à la présidentielle s’engage à ne faire qu’un mandat.


Anne Le Gall, experte innovation

De minuscules robots pourront peut-être dans quelques années remplacer les chirurgiens pour déboucher nos artères. Ce sont des nano-robots, des robots 1000 fois plus petits qu'un cheveu et qui ressemblent selon les modèles parfois à de petits drones, parfois à de petites chenilles. Plusieurs équipes dans le monde, aux Etats-Unis : à Columbia, à Harvard, à Philadelphie, ou encore en Suisse à Zurich ou à l’ institut Technion en Israël, envisagent de les injecter dans les veines pour aller déboucher les artères, évacuer les dépôts de graisse, de cholestérol, qui peuvent entraîner à la longue des infarctus du myocarde. 

Ces robots seront dirigés de l'extérieur par les médecins grâce à un champ magnétique. Ils peuvent ainsi être guidés vers un organe malade pour y déposer un médicament ou nettoyer une artère bouchée. L'intérêt est évidemment d'éviter au patient certaines opérations lourdes, avec un risque d'infection. 

Les prototypes sont pour la plupart conçus en polymère biodégradables : une fois leur mission accomplie, ils peuvent se dégrader dans le corps jusqu'à disparition complète. il est vrai que ces nano-robots peuvent aussi perturber le système immunitaire, raison pour laquelle ces prototypes sont pour l'instant testés sur les souris. Mais les chercheurs espèrent passer à des essais sur l'homme dans 3 ou 4 ans.