Bercy : quelles sont ses mesures anti-terroristes ?

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Axel de Tarlé, Anne Le Gall, Alex Taylor et Alexandre Kara font le point sur l'actualité du jour.

Alexandra Kara, expert politique

Le Ministère des Finances, lui aussi, entre dans la bataille contre le terrorisme ?

Le nerf de la guerre c’est l’argent, c’est pourquoi, les agents de Bercy vont désormais avoir directement accès au fichier S, ce fichier répertoriant les personnes pouvant présenter un risque terroriste.
Grâce à ce fichier, ils vont pouvoir analyser l’environnement financier et économique des fiches S pour pouvoir repérer tous les mouvements d’argent suspects.

Une mesure spectaculaire mais peut-elle s’avérer efficace ?

Jusqu’à présent, c’est à posteriori, durant les investigations que les enquêteurs établissaient les liens entre les terroristes grâce aux mouvements financiers. Cela a été encore le cas pour les attentats de Paris. Avec cette mesure, il s’agit d’anticiper, en repérant les liens financiers avant le passage à l’acte des terroristes.

Le ministère des Finances a-t-il d’autres mesures pour lutter contre le terrorisme ?

Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), l’organisme chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent va voir ses pouvoirs étendus.
Un autre point clef dans la lutte contre le terrorisme c’est la surveillance des cartes bancaires prépayées qui échappent aujourd’hui à la surveillance et qui pour cette raison sont devenues un maillon essentiel du financement du terrorisme.
Tracfin sera chargé d’identifier et de traquer ces cartes bancaires prépayées pour remonter à la source du financement.
Tracfin et ces investigations se feront évidemment en étroite collaboration avec la DGSE et la DGSI.


Axel De Tarlé, expert économique

Cinq entreprises (dont SFR et Airbus) sont considérées par Bercy comme des "mauvais payeurs" pour des retards répétés de paiements envers leurs fournisseurs.

Certaines sociétés vivent un véritable cauchemar pour réussir à se faire payer car plusieurs entreprises prennent un malin plaisir à régler systématiquement en retard leurs facture. 
Ces grosses entreprises profitent de leur "position dominante" pour retarder au maximum leur paiement.

Le gouvernement a donc décidé de sévir de deux manières différentes :

- En nommant publiquement ces mauvais payeurs : Les noms des cinq mauvais payeurs notoires sont d'ailleurs sortis.
Il s'agit de SFR, Numéricable, Airbus hélicoptère, Paul Prédault (le jambon) et une entreprise de matériaux de construction (Comasud) qui ont des oursins dans les poches, au moment de payer.

- Ces cinq entreprises, vont en plus devoir payer une amende qui pourrait aller jusqu'à 375 000 euros.

Cette amende peut-elle avoir des conséquences graves pour les entreprises qui sont victimes de ces retards de paiements ?

On estime qu'une faillite sur quatre en France serait causée par des retards de paiement.
Il faut préciser qu'en France, 15 milliards de factures restent impayées ou payées avec un retard conséquent.

Mais les entreprises ne sont pas les seules à être de "mauvais payeurs" car six milliards de factures impayées viendraient des collectivités locales comme les mairies ou les hôpitaux.

Le Ministre de l'économie, Emmanuel Macron, a donc décidé de durcir les sanctions face à ces réfractaires du paiement.

- Les amendes seront donc relevées.
- Bercy va publier la liste intégrale des mauvais payeurs ce qui engendra pour eux une mauvaise publicité.

Ces mesures pourront ainsi peut-être, on l'espère, faire disparaitre cette mauvaise pratique.