Attentat de Nice : hommage ou pas ?

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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David Doukhan, Emmanuel Duteil, Jeanne Daudet et Guillaume Genton font le point sur l'actualité du jour et nous livrent leurs indiscrétions.

David Doukhan, expert Politique

L'hommage aux victimes de Nice

L’attentat de Nice s’est donc déroulé il y a une semaine : 84 morts et des centaines de blessés. Après les attaques du Bataclan et des terrasses l’État avait organisé un hommage national aux Invalides pour les victimes. Est-ce que ce sera le cas cette fois-ci ?

Çà n’en prend pas le chemin. A l’heure où on se parle, l’Élysée n’a pas reçu de demande de la part des familles. Or, c’est la volonté des familles qui primera sur tout le reste. Le préfet est en contact avec les proches des victimes et les élus locaux, il doit se renseigner, essayer de savoir quel est le désir des familles. A ce stade, l’hommage national ne semble pas être la réponse attendue pour essayer d’atténuer la douleur. Je dirais presque : au contraire. "Il y a des expressions de colère, raconte une source sur place, certains tiennent l’État responsable de la perte de leur proche et jugent donc cet Etat indigne d’honorer leurs morts". D’autres disent : "pourquoi pas, mais alors à Nice et pas à Paris."

On peut imaginer un hommage national à Nice et non à Paris ?

Bien sûr. L’Élysée, même s’il n’a pas encore été saisi à ce stade, se tient prêt à organiser toute cérémonie qui pourrait convenir à la volonté des familles. Ceci étant dit les conseillers gouvernementaux concernés ont en tête l’image de Manuel Valls sur la promenade des Anglais. "On sait très bien qu’on s’expose si on va là-bas, aux Invalides, ce serait plus facile". Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi une réflexion au sommet de l’État. Faut-il donner le sentiment d’une sorte de systématisme de l’horreur, l’impression d’un enchaînement immuable qui se répète : attentat, deuil national, minute de silence puis hommage. "Ce n’est pas forcément souhaitable, on ne veut pas être dans la commémoration mais dans l’action", explique un conseiller du gouvernement. Je vous rappelle d’ailleurs qu’il n’y avait pas eu d’hommage national après les attentats de Charlie Hebdo, précisément parce que certaines familles n’en voulaient pas. Après les attentats du Bataclan, au contraire les proches s’étaient assez vite regroupés et manifestés pour demander l’organisation d’une cérémonie.


Emmanuel Duteil, expert Économie

La fermeture des centrales nucléaires

ONG et acteurs économiques ont rendez-vous aujourd'hui à l’Élysée pour faire un point sur la Loi de transition énergétique qui a été votée il y a tout juste un an. Cette loi a inscrit notamment la réduction de la part du nucléaire dans notre économie.
 
 La part du nucléaire doit être ramenée de 75 à 50% de la production d'électricité à horizon 2025 et la capacité totale sera plafonnée à son niveau actuel. Ces objectifs équivalent à des fermeture de centrales. La centrale de Fessenheim doit fermer en 2018 au moment de l'entrée en fonction de l'EPR de Flamenvielle. C'est tout ce que l'on sait sur ce point. Pour le moment au delà des annonces politiques rien n'a été fait. Pour fermer Fessenheim l’État doit prendre un décret... qui est actuellement bloqué. Comme souvent, à cause d'une histoire de gros sous. L’État qui est aussi le premier actionnaire d'EDF propose une indemnité ridicule à l'électricien. On parle de millions quand EDF voudrait parler en milliards. Les deux parties sont donc en discussions en ce moment pour trouver un compromis. Du coté d'EDF on se veut rassurant et on estime qu'il est encore possible de lancer le processus de fermeture à la fin de l'année comme prévu. Mais il faut se presser.
 
 Alors ça c'est pour Fessenheim, Emmanuel, qu'en est-il pour les autres centrales ?
 
 Il va falloir en fermer d'autres pour répondre à cette ambition. Fermer des centrales ça permettra de produire moins. Sauf que pour le moment rien est arrêté. Du coup selon le réseau "sortir du nucléaire" on sera très loin des ambitions fixées par le gouvernement dans les années à venir. EDF qui va par ailleurs devoir entretenir ces centrales actuelles. On va pousser la durée de vie. Çà s'appelle le grand carénage et ça va couter environ 50 milliards d'euros sur 15 ans.
 
 On va donc avoir de moins en moins de centrales en France ?
 
 C'est sur mais ce que l'on a pas toujours en tête c'est qu'il va falloir en construire de nouvelles. En effet on a beau prolonger la durée de vie, il y a bien un jour où elle ne seront plus utilisables. Il faut donc préparer les centrales de nouvelles générations. Dans l'entourage de la direction d'EDF on aimerait que dès 2018 le site pour implanter 2 nouveaux EPR soit acté. Il se murmure que Xavier Bertrand dans Les Hauts-de-France serait intéressé par ces 2 EPR de nouvelles générations. Vous le voyez : on est pas sorti du nucléaire, bien loin de là. 


Jeanne Daudet, experte Actualité régionale

Ces étudiants qui ont perdu leur diplôme du jour au lendemain

Les étudiants bretons ont reçu une bien mauvaise nouvelle en plein coeur de l'été. Une information à lire dans le Télégramme.

Mi-juin ces étudiants apprennent qu'ils sont reçus à l'examen d'aide soignant. Jusque là tout va bien. Sauf qu'il y a quelques jours plusieurs dizaines d'entre eux reçoivent un mail une de leur note a été revue à la baisse : de 0.25 à 3 points. Suffisamment pour que certains d'entre eux se retrouvent désormais collés à l'examen. A l'image de Matthieu qui témoigne dans le Télégramme : "il me manque désormais 0.25 points pour valider ce module". Un module non validé, c'est tout le diplôme qui ne l'est plus.
 
 Qui a pris la décision de baisser la note ?
 
 Il s'agit de l'agence régionale de santé et de la Direction régionale de jeunesse et sports et de la cohésion sociale. Deux organismes qui font partis des jury régionaux de l'examen.
 Les étudiants ne comprennent pas que la note abaissée a posteriori porte sur une épreuve pratique. Une épreuve sans copie, non écrite donc, qu'ils ont passé devant leurs professeurs et des professionnels de santé. Épreuve à laquelle le jury régional n'a pas assisté !

 Comment l'explique-t-on alors ?

Ce jury se serait basé sur des commentaires écrits dans la grille d'évaluation par les enseignants qui faisaient passer cette fameuse épreuve. Les étudiants qui s'estiment lésés sont obligés de repasser le module. Ils ont constitué un groupe et envoyé un courrier recommandé aux deux institutions . Sans réponse pour le moment. Certains envisagent une procédure devant le tribunal administratif.