La viande affinée, la nouvelle tendance sur l’étal des bouchers, la revue SoFilm et inquiétude autour de l'énergie

SAISON 2016 - 2017
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Elisabeth Assayag, Nicolas Carreau et Marguerite Lefebvre font le point sur l'actualité du jour.

Elisabeth Assayag pour la consommation

On mange de moins en moins de viande et la consommation s’en ressent puisqu’elle baisse régulièrement.
La viande maturée, qui jusqu'à aujourd'hui est un produit de luxe, va rentrer dans notre quotidien.

Qu'est-ce que c'est la viande maturée ?
 
Le principe est simple : comme pour le vin et le fromage, les bouchers affinent la viande.
La viande murit dans une chambre froide pendant plusieurs semaines et finalement vous vous retrouvez avec une viande plus tendre et plus goûteuse. La maturation change tout le goût du produit. On attendrit la viande et on rehausse son goût qui est un peu modifié puisqu’elle devient plus forte en bouche.
Depuis quelques années, à cause de la baisse de la consommation de viande, les bouchers ont constaté que le client consomme moins mais de meilleure qualité. Quand il achète de la viande, il n'hésite pas à y mettre le prix. C'est ainsi que les bouchers de quartier ont commencé à maturer la viande.
 
On est donc dans une montée en gamme de la viande ?
 
Effectivement, une montée en gamme qui va être accessible à tous. Les bouchers de quartier sont au moins 20% plus cher qu'en grande surface et là, vous allez trouver des pièces de boucher vendue dans les rayons des supermarchés, sous vide, conservées pendant trois semaines.
Alors tous les morceaux ne conviennent pas à la maturation puisque seules les parties nobles de la bête peuvent être maturées comme l’entrecôte, le faux filet, le filet, la côte de bœuf et une partie du rumsteak.
Pour la reconnaitre chez les bouchers, elle est souvent soignée et à parts des autres morceaux dans des vitrines réfrigérées, un peu comme une pièce d'exception.
Dans la grande distribution, ça commence à arriver dans certaines enseignes comme Leclerc ou Intermarché où l’on peut trouver des caves de maturation au rayon boucherie.
 
Mais ça va quand même être plus cher ?
 
Il faut compter 50 euros le kilo donc oui c 'est cher. Mais c 'est aussi un vrai pari pour les enseignes de la grande distribution car d'après les experts, la rentabilité d’une viande maturée ne dépasse pas les 10%, alors que l'ensemble d'un rayon boucherie c 'est en moyenne 20% de rentabilité.

Nicolas Carreau pour le Livre du jour

Le Livre du jour est aujourd’hui une revue, comme tous les vendredis. Cette semaine, c’est cinéma.

Avec le numéro de novembre de la très bonne revue SoFilm qui ausculte le cinéma souvent sous des angles décalés. Là, on a un fameux décalage, puisque la Une est consacrée non pas à un film mais à une série britannique événement : Black Mirror. Mais elle est digne des grands films. C’est une série géniale mais aussi dérangeante, parce que prophétique. Le problème, c’est qu’elle dépeint le futur comme un cauchemar. Un mauvais rêve façonné par les nouvelles technologies. Les acteurs changent à chaque épisode, l’histoire aussi, ce n’est pas la suite de l’épisode précédent. Leur point commun, c’est le black mirror justement, c’est-à-dire le miroir noir. Regardez votre téléphone, votre télévision ou votre écran d’ordinateur quand ils sont éteints. C’est ça le "black mirror". À chaque épisode, Charlie Brooker, le créateur de la série, met en scène une nouvelle technologie, il tire le fil pour examiner ses dérives dans un futur proche.

Par exemple ?

Par exemple, dans le 1er épisode de la 3e saison qui vient tout juste d’arriver sur Netflix, chacun donne une note aux autres dans ses interaction du quotidien (une étoile, deux étoiles, etc. Jusqu’à cinq étoiles c’est le maximum). On note en permanence, avec son smartphone, les gens que l’on croise dans la rue ou encore la boulangère et le collègue de bureau, etc. Et tout le monde se balade avec son score moyen. Il faut donc être aimable en permanence si vous voulez augmenter votre capital. Et c’est important, puisque dans cette société, vous pouvez bénéficier d’avantages avec un score élevé. Il y a des quartiers réservés au quatre ou cinq étoiles. Quand vous prenez un billet de train, vous avez accès à un guichet spécial, plus rapide. Voyez un peu ce que ça peut donner… Charlie Brooker revient dans une longue interview sur le succès de sa série. Il explique comment il trouve ses idées, comment il conçoit ses épisodes. C’est passionnant. Mais je vous conseille de regarder d’abord la série avant de lire cette interview.

Marguerite Lefebvre pour la presse quotidienne régionale

À la Une, la question de l'énergie.

Avec cette question que se pose Sud Ouest ce matin et qui interpelle : Y aura-t-il de l'électricité à Noël ?

Un tiers des centrales nucléaires françaises sont à l'arrêt en ce moment. L'ampleur de ces travaux est inhabituelle, nous explique le quotidien. D'autant que d'autres réacteurs vont devoir subir des réparations d'ici la fin janvier. Inquiétudes donc sur un parc vieillissant.

Mais en France, il n'y a pas que le nucléaire. Le Télégramme nous parle ce matin d'une révolution verte, celle de Locminé dans le Morbihan et son usine, la toute première d'Europe à produira de l'électricité avec des sources d'énergies vertes, de la méthanisation et une chaudière à bois. Un procédé salué par François Hollande qui se rendra sur place dans la journée.

Le vert récompensé comme à Valençay dans l'Indre, où la communauté de communes bénéficie désormais d'un label. C'est la Nouvelle République qui s'en félicite ce matin. Rénovation de l'éclairage public, vélos électriques en libre-service pour limiter les voitures... Un territoire modèle et donc récompensé.

La personnalité du jour, un maire qui se bat pour avoir un supermarché.

Huit ans que Jean-François Castell se bat pour installer un supermarché dans sa commune de Violaines dans le Pas de Calais, depuis l'incendie du précédent magasin.

Huit ans, nous dit la Voix du Nord, que plusieurs enseignes de la grande distribution se battent entre elles, par tribunal interposé pour bloquer les projets des unes et des autres.

Et en attendant, toujours pas de supermarché à Violaines.

Aujourd'hui, l'édile a décidé de passer à la vitesse supérieure. Il entame une grève de la faim, c'est la dernière solution pour ce maire qui dit avoir tout essayé. "J'ai écrit à Hollande, à Valls, aux députés. Je ne vois pas d'autres moyens de me faire entendre".

Il continuera de se battre pour ce supermarché qui pourrait aussi et ce n'est pas négligeable, créer 60 emplois dans sa commune.

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