Prix du pétrole : une mauvaise nouvelle pour la croissance

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Le journal de l'éco est une chronique de l'émission Europe soir
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Les prix du pétrole remontent, à près de 48 dollars à cause d'une production de schistes aux États-Unis qui s’est asséchée.

La Bourse en toute petite baisse

-0,18% à 4.312 points.
La Bourse de Paris s’est reprise après avoir été sous le coup de mauvais chiffres chinois. L'investissement, la production industrielle et les ventes au détail ont moins augmenté que prévu en avril.

L’entreprise du jour

Le fonds souverain de la Norvège prépare des poursuites en Allemagne contre Volkswagen, dont il est un des principaux actionnaires. Le motif est la valeur boursière qui a chuté à la suite du scandale des moteurs truqués. Le fonds, le plus riche du monde, 750 milliards de dollars accumulés grâce au pétrole que produit le pays, estime qu’il a droit à des réparations.

Le chiffre du jour

5,2 milliards de dollars, c’est le prix que va mettre le laboratoire pharmaceutique américain Pfizer pour l'acquisition de Anacor pharmaceuticals, spécialiste des anti-inflammatoires et d’un médicament prometteur permettant de lutter contre les effets néfastes de l'eczéma, une maladie touchant près de 25 millions de personnes aux États-Unis.

Le fait du jour : les prix du pétrole remontent, à près de 48 dollars. C’est une mauvaise nouvelle pour François Hollande

Souvenez vous de l’alignement des astres, miraculeusement favorables à la croissance française. Le pétrole, tombé cet hiver à 30 dollars le baril, certains le voyaient chuter jusqu’à 20 dollars. L’euro, tombé de 1,30 en 2014 à 1,06 dollar en novembre ce qui était bénéfique pour les exportateurs européens et français et enfin les taux d’intérêt au plus bas grâce à la politique de la Banque centrale européenne. Trois astres alignés, une conjonction de facteurs favorables venus tous de l’extérieur.

Depuis les astres se sont un peu désaxés. Les taux sont toujours aussi bas mais l’euro est remonté un peu vers les 1,13 et le pétrole est lui à proche de 49 dollars. La cause en est une demande soutenue alors que la production de schistes aux États-Unis s’est asséchée, les exploitants ont fait faillite avec un baril à 30 dollars. Tout ça n’est pas bon pour les automobilistes, leur pouvoir d’achat est amputé d’autant. Nous ne sommes pas revenus à 120 dollars le baril, et ce ne sera surement avant longtemps, peut-être 2018, en tout cas pas avant l’élection présidentielle.

Un pétrole à 50 dollars, c’est en fait un bon équilibre mondial. Les pays producteurs retrouvent un peu d’oxygène et ils peuvent à nouveau nous acheter des machines, des avions et des Rafales. Donc ce n'est pas très bon pour Hollande mais la croissance en a profité, elle est repartie.

L’espoir d’une hausse de 1,5% cette année est-il remis en cause ?

Non. On l’a vu la semaine dernière, la croissance se raffermie en Allemagne, en Italie et partout en Europe. La crainte d’une chute de la Chine est dissipée et l’économie américaine n’est pas flambante, mais ça va, ce n'est pas encore la récession. Donc les astres ne sont plus alignés mais la conjoncture extérieure est encore très favorable à la France de François Hollande.

Les moteurs internes sont aussi repartis, la consommation qui est tirée par des hausses des salaires et l’investissement qui semble se dégeler. "Ça va mieux" comme dit le président de la République, il a raison.
Le pétrole d’une façon générale a beaucoup aidé et aide encore mais l’économie française retrouve quelques couleurs. Le chômage suivra, la courbe est d'ailleurs déjà en train de s’inverser.

Ce qui ne va pas mieux, ce sont les deux maladies françaises : le déficit budgétaire et le déficit des échanges commerciaux. Rien ne va mieux sur ces deux indices et c’est la preuve que l’économie française va mieux en surface mais qu’elle est loin d’être solide, ses finances comme son industrie restent très malades.