Voici : l'affaire des photos prises à l'Elysée jugée aujourd'hui

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Le magazine Voici comparait aujourd'hui devant le tribunal de Nanterre suite aux photos de François Hollande et Julie Gayet prises à l’Élysée.

Le fait média du jour, c’est le magazine Voici qui se retrouve au tribunal pour "atteinte à l’intimité de la vie privée". En novembre 2014, le magazine people publiait une série de photos volées de François Hollande en compagnie de Julie Gayet. Des photos prises dans l’enceinte de l’Elysée !

Et aujourd’hui, Voici se retrouve sur le banc des accusés.

Oui, en début d’après-midi, l’avocat du magazine, maître Olivier d’Antin, se rendra devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre. Une convocation qui fait suite à une plainte déposée par la comédienne Julie Gayet, dans cette affaire qu’on pourrait baptiser "l’affaire de la table de jardin".
Souvenez-vous, c’était en novembre 2014, Voici publiait une série de photos de François Hollande en compagnie de Julie Gayet. Des photos, un peu floues, pixellisées, visiblement prises de très loin, et sur lesquelles on pouvait reconnaître le chef de l’État et Julie Gayet, assis autour d’une table de jardin en bois.
Cette table, elle était installée sur l’une des terrasses privées des appartements présidentiels, au cœur même de l’Élysée. Dans un lieu qui n’a donc rien de public.
Comme à son habitude, Julie Gayet a donc décidé d’attaquer le magazine après la publication de ces photos qui constituent selon elle une atteinte à l’intimité de la vie privée.
En revanche, pas question pour elle de profiter de l’occasion pour s’enrichir. Dans l’affaire examinée aujourd’hui, la comédienne réclame un euro de dommages et intérêt. On est donc face à une réparation d’ordre symbolique. Elle demande aussi la parution / en cas de condamnation de Voici, d’une publication judiciaire, d’un encart d’une demi-page, sur la couverture du magazine.

A l’époque, ces photos avaient fait grand bruit.

Oui, visuellement, elle ne présentait rien de plus qu’un couple attablé tranquillement, en train de discuter. Rien de bien compromettant. En revanche, ces images étaient surtout les premières photos d’un couple qui faisait l’objet d’une attention toute particulière de la part des paparazzis.
Depuis janvier 2014 et les révélations du magazine Closer sur la liaison du chef de l’État avec l’actrice Julie Gayet, c’était les images les plus attendues, les plus recherchées par la presse.
Un très joli scoop pour Voici, mais un scoop qui était resté un coup d’image, un coup de com. La publication de ces photos n’avait dopé les ventes de l’hebdomadaire que de 30 à 50.000 exemplaires.
On était alors très loin des 650.000 exemplaires écoulés par Closer, qui avait multiplié par deux son tirage habituel en publiant les photos de la rue du Cirque.

Cet épisode, il révélait surtout à l’époque des failles dans la sécurité du président.

Oui, au moment de la parution de ces photos, de nombreux spécialistes de la sécurité se posaient la question de savoir comment avaient été pris ces clichés.
Sans dévoiler les détails de l’affaire, Voici affirmait alors que ces photos avaient été prises au téléobjectif, depuis une planque située à l’extérieur de l’Élysée.
Mais, pour de bons connaisseurs des lieux, cette explication ne tenait pas. Pour eux, l’angle de vue correspondait à une fenêtre qui ouvre directement sur la cour intérieure du palais présidentiel.
Dès lors, l’affaire prenait une autre tournure : celle d’une trahison de la part de l’entourage du président de la République.
Elle avait d’ailleurs eu des répercussions, cinq membres du personnel de l’Élysée affectés au service privé du Chef de l’État avaient été mutés à d’autres postes.

En revanche, ne comptez pas sur l’audition d’aujourd’hui pour faire la lumière sur les coulisses de ces photos. Le tribunal ne se prononcera que sur le préjudice supposé de ces photos contre la personne de Julie Gayet.
Voici gardera encore longtemps le petit secret de ces photos qui ont fait couler beaucoup d’encre…