Un journaliste limogé pour infidélité

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Le correspondant américain de la chaîne Fox à la Maison-Blanche a été remercié après les révélations de sa maîtresse.

Le fait média du jour, c’est ce correspondant politique américain contraint de quitter l’antenne après des révélations sur son infidélité. Mais au fait, qui est ce journaliste ? 

Il s’appelle Ed Henry, il a 44 ans et il est bien connu des téléspectateurs américains.  Il a été longtemps correspondant à la Maison-Blanche pour CNN. Depuis 2011, il occupe le même poste pour Fox News, cette fameuse chaîne qui parlait des "no go zones", ces zones de non-droit qui seraient légion en plein cœur de Paris… 

Ed Henry s'est marié avec Shriley Hung, journaliste politique elle aussi, et il a deux jeunes enfants avec elle. Il est respecté par le milieu et compte des fidèles qui le suivent de près. Sur Twitter, il compte près de 200 000 followers. 

Hier, le ciel lui est tombé sur la tête : il est accusé d’infidélité.  C’est sa maîtresse qui déballe tout au magazine people In Touch. Elle s’appelle Natalia Lima, et elle est décrite comme une hôtesse à Las Vegas. Elle raconte son histoire dans les moindres détails : comment elle a rencontré Ed Henry il y a environ 5 ans et comment leur relation a pris une tournure nouvelle l’année dernière.

Natalia Lima affirme qu’ils ont eu une première relation sexuelle au printemps 2015, dans la chambre d’un hôtel de Vegas. Un hôtel qui visiblement donne des ailes à Ed Henry, puisque c’est au même endroit qu’il s’était marié, en 2010. Selon la maîtresse d’Ed Henry, ils se sont revus, à plusieurs reprises, jusqu’au mois de février dernier.

Cette histoire d’infidélité a eu des répercussions immédiates sur la carrière du journaliste.

Oui, dans une déclaration publiée dans la foulée de ces révélations, la chaîne Fox News a pris une décision radicale : elle suspend de l’antenne son correspondant à la Maison Blanche, "le temps qu’Ed Henry puisse régler ses affaires personnelles". Qu’en termes élégants, ces choses-là sont dites !

Cette affaire en rappelle une autre. En février 2015, un autre journaliste américain avait dû quitter son poste, mais pour une toute autre raison. Brian Williams, présentateur du journal du soir sur la chaîne NBC était contraint de se retirer après avoir menti aux téléspectateurs. Il racontait un épisode héroïque lors d’un reportage. C’était en 2003, en Irak, pendant la Guerre du Golfe. Il se trouvait dans un hélicoptère qui avait été abattu par des tirs ennemis, mais il avait survécu au crash. L’histoire était belle mais surtout complètement inventée. Après des excuses publiques, après surtout une période de purgatoire de plusieurs mois, il était revenu à l’antenne à la fin de l’année dernière.

L’infidélité et le mensonge ça passe très mal aux États-Unis.

Outre-Atlantique, les relations extra-conjugales et le mensonge, c’est le comble de la trahison. C’est sans doute pour cette raison que "l’affaire Ed Henry" fait déjà grand bruit et que de nombreux médias la relayent ce matin. En revanche, parallèlement, les États-Unis ont aussi la culture du pardon. Les Américains savent reconnaître l’erreur. C’est ce qui devrait pousser Ed Henry à s’exprimer publiquement dans les prochains jours.  En France, une situation similaire serait tout bonnement inconcevable. D’abord parce que la presse ne rendrait pas publique l’infidélité d’un journaliste vedette. Mais aussi parce qu’en France, on n’aurait pas la même réaction et surtout qu’on ne considérerait pas que tromper sa femme puisse avoir une influence sur la manière de faire son travail.

Mais dans la très puritaine Amérique, ça n’est pas le cas !