Maïtena Biraben privée du Festival de Cannes

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Quinze jours après que Jean-Marc Morandini a annoncé l'absence du Grand Journal au Festival de Cannes, Canal + a finalement confirmé l'information.

Le fait média du jour, c’est Le Grand Journal qui ne descendra pas à Cannes cette année, en tout cas pas dans sa forme habituelle. En mai prochain, l’access de Canal+ sera à la fois à Paris et sur la Croisette, avec des duplex.

Ce dispositif très surprenant, c’est le patron de Canal qui l’annonce ce matin dans le Parisien.

Avec cette ambition : "raconter Cannes autrement". Ces mots sont de Maxime Saada, le directeur général de Canal+, qui s’exprime dans les colonnes du quotidien. Il revient dans le détail sur la façon dont sa chaîne va traiter le Festival, du 11 au 22 mai prochain. Pour lui, "raconter Cannes autrement", c’est en dédoublant le Grand Journal. Historiquement, l’access de Canal+ se délocalise sur la Croisette pendant 15 jours pour suivre au plus près l’actualité cannoise.

Il n’en sera rien cette année puisque Maïtena Biraben est purement et simplement privée de Festival de Cannes. Elle restera à Paris, sur le plateau habituel de l’émission. Officiellement, la raison est "éditoriale" : pour le patron de la chaîne, il s’agit de permettre au Grand Journal de continuer à traiter l’actualité nationale, la vocation première du talk-show.  C’est plus facile de le faire depuis Paris, plus facile pour recevoir les grands témoins de l’actualité.

En revanche, pas question de se priver complètement du Festival avec lequel Canal+ vient de prolonger son partenariat pour une durée de cinq ans. La chaîne proposera donc des duplex réguliers avec des envoyés spéciaux. Maxime Saada promet des allers-retours constants entre le plateau parisien et un autre plateau installé à Cannes, beaucoup plus modeste que les années précédentes. Un plateau sur lequel on retrouvera des chroniqueurs : Laurent Weill, le "monsieur cinéma" de la chaîne, ou encore Augustin Trapenard ou Cyrille Eldin. On notera enfin que Maïtena Biraben n’est pas la seule à ne pas décrocher son billet pour Cannes et sa chambre "vue sur mer" à l’Hôtel Martinez, puisque Les Guignols devront eux aussi rester à Paris.

C’est la confirmation de rumeurs qui couraient déjà depuis plusieurs semaines.

Fin janvier, Jean-Marc Morandini annonçait sur son blog et sur Europe 1 que Le Grand journal n’irait pas à Cannes. A l’époque, la chaîne cryptée avait démenti farouchement. Mais ce matin, Canal+ rétropédale et confirme finalement ces rumeurs. Le directeur général de la chaîne a beau répéter que l’histoire d’amour avec le Festival de Cannes n’est pas terminée, le dispositif qu’il présente ressemble tout de même un peu à un palliatif, voire un cache-misère.

Il y a encore quelques années, Canal+ à Cannes, c’était un grand barnum. On se rappelle de l’âge d’or de Nulle part ailleurs, de celui plus récent du Grand Journal. C’était une question d’image pour la chaîne cryptée qui entretient, historiquement et économiquement surtout, des liens très fort avec le cinéma. Mais la tradition se perd au fil du temps. La faute à des audiences qui sont au plus bas pour l’access de Canal et qui enregistre souvent de sévères contre-performances pendant le Festival.

La faute aussi peut-être à une réalité économique : ces dernières années, pour couvrir le Festival, Canal+ mobilisait 500 personnes pendant 15 jours pour un coût estimé à cinq millions d’euros. Ça fait quand même plus de 300.000 euros par jours. Même quand on s’appelle Canal, ça fait sans doute un peu beaucoup.

Dans cette interview au Parisien, Maxime Saada dévoile aussi le reste du dispositif de Canal+ pendant le Festival.

Il annonce l’arrivée d’une émission quotidienne d’une heure, en seconde partie de soirée, exclusivement pour les abonnés donc, autour d’Ali Baddou et des équipes du Supplément. On apprend aussi que Le Cercle, le rendez-vous cinéphile hebdomadaire animé par Daphné Roullier, proposera deux émissions en direct sur la durée du Festival. Mais ces deux nouveautés restent une bien mince compensation, histoire de prouver que, non, les liens entre Canal et le cinéma ne sont pas totalement rompus.

Il n’empêche qu’on a tout de même un peu le sentiment que la chaîne cryptée essaie péniblement de faire bonne figure avec ce Grand Journal new look. Un Grand Journal auquel on reproche souvent de ne pas parvenir à trancher entre le traitement de l’info "sérieuse" d’un côté et celui de l’actu plus légère et des paillettes.