France 2 : les nouvelles émissions ont trois mois pour s'installer

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Le directeur exécutif de France 2, Vincent Meslet, laisse trois mois aux nouvelles émissions de l'après-midi pour s'installer avant de prendre une décision concernant leur reconduction au mois de janvier.

L’info média du jour, c’est le premier bilan des après-midis de France 2. Il y a une semaine, la chaîne changeait tout ou presque, en lançant cinq nouvelles émissions entre 14h et 19h. L’objectif était de dynamiser la grille de programmes pour attirer de nouveaux téléspectateurs, un pari risqué.

Pour l’instant, ça n’est franchement pas une réussite.

Oui, on peut même parler de rentrée catastrophique. Si France 2 a engagé les grands travaux pour ses après-midis, c’était pour retrouver des niveaux d’audience plus conformes à son rang, à son statut de deuxième chaîne la plus regardée de France et pour se rapprocher de sa moyenne globale : autour de 14 % du public.

Ce matin, le chantier est loin d’être terminé, on va le voir au cas par cas.

Depuis une semaine, juste après le journal de 13 heures, France 2 programme désormais Mille et une vies. Une émission de témoignages, intimiste et chaleureuse, portée par une valeur sûre de la chaîne, Frédéric Lopez, qui excelle dans l’exercice de la confession. Alors depuis son lancement, cette nouvelle émission reçoit de très bonnes critiques mais côté chiffres, c’est moins réjouissant puisqu’elle fait moins bien que Toute une histoire, programmée à la même heure la saison dernière. Une première semaine à 865.000 téléspectateurs pour 10,2 % du public pour la première partie contre 623.000 fidèles pour 9 % pour la seconde. C’est un démarrage qui n’a rien d’inquiétant, mais qui reste franchement timide.

Même constat pour le programme qui suit : Visites privées, centré autour du patrimoine et animé par Stéphane Bern. 404.000 téléspectateurs en moyenne pour 6.5 % du public seulement. C’est 200.000 fidèles de moins que pour Comment ça va bien que Stéphane Bern pilotait déjà l’année dernière.

Plus on avance dans la grille, plus le constat s’aggrave.

Depuis, une semaine, à 16h45, les téléspectateurs de France 2 ont rendez-vous avec une petite nouvelle, Amanda Scott et son talk-show à l’américaine. Pour l’instant, ses audiences, c’est pas l’Amérique, loin de là même avec une première semaine à 298.000 téléspectateurs. C’est une chute de près de 40% par rapport à Frédéric Michalak qui occupait cette case l’an dernier avec son jeu Dans la peau d’un chef.

La dégringolade est encore plus rude pour Thomas Thouroude, et son magazine en direct de décryptage de l’actualité. À 17h45, AcTualiTy réalise une première semaine désastreuse à 346.200 téléspectateurs. C’est moins de 4% du public présent devant son écran à cette heure-ci. Il était déjà parti très bas pour sa première à moins de 450.000 fidèles et au fil des jours, il a perdu encore un tiers d’entre eux.

A titre de comparaison, l’année dernière, Olivier Minne et Joker était au-dessus des 800.000, on n’est donc pas très loin du naufrage.

Dans ce tableau très noir, un seul motif de satisfaction, c’est la bonne tenue de Nagui qui prend la main à partir de 18h45 avec N’oubliez pas les paroles. Malgré un réservoir quasiment vide, il parvient tout de même à maintenir ses niveaux d’audiences à 1,5 million pour le premier numéro de son jeu, à 2,5 millions pour le deuxième.

Une bien maigre consolation pour France 2.

Est-ce que ce changement n’a pas été un peu trop radical ?

C’est peut-être ce qu’on est en train de se dire à France 2. Ce chamboule-tout a désorienté le téléspectateur habituel de la chaîne, il a surtout éparpillé façon puzzle le socle des fidèles de la chaîne à cet horaire stratégique, à ce moment où France 2 a encore le droit de diffuser de la publicité.

Face à ce constat d’échec, Vincent Meslet, le directeur exécutif de France 2 est sorti du bois en fin de semaine. Dans le Figaro, il confiait avec clairvoyance que les nouveautés avaient du mal à s’installer. On ne peut pas lui donner tort. Samedi, il était interviewé par Le Tube, le magazine média de Canal+ et évoquait cette prise de risque.

Le patron de France 2 veut rester "lucide". C’est un mot qu’il affectionne. En arrivant aux commandes de la chaîne il y a un an, il avait déjà annoncé vouloir d’abord faire le "bilan lucide" de la grille avant de prendre des décisions, avant d’innover.

Cette lucidité, elle ne doit pas être parasitée par la précipitation, pas de mesure d’urgence à prévoir, peut-être seulement quelques ajustements. Reste que la patience de la direction de la chaîne à ses limites et c’est fin décembre. C’est à cette date que France 2 tirera les conclusions de ses essais. Et on se dit que pour certains, Noël ne sera pas forcément la saison des cadeaux.