CNews suspend Audrey Pulvar jusqu'à la fin de la campagne présidentielle

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Audrey Pulvar a été suspendue de l'antenne de CNews après avoir participé à une pétition appelant à faire barrage à Marine Le Pen.

On a appris hier qu’Audrey Pulvar était "suspendue d’antenne" par CNews.

Et ce jusqu’à la fin de la campagne. La journaliste faisait partie du dispositif mis en place par la chaîne info pour décrypter la présidentielle. Elle devait notamment assurer deux rendez-vous le jour du second tour de l’élection. Elle n’y sera pas.

La raison de cette suspension, c’est sa participation à une tribune publiée hier sur le site internet du Huffington Post, une lettre ouverte rédigée à l’initiative de Laurence Rossignol, ministre des familles, de l'enfance et des droits des femmes. Cette tribune, elle signée par une cinquantaine de personnalités de la société civile qui se présentent comme des militantes et militants de l'égalité et de la défense des droits des femmes. Parmi eux, on trouve des comédiens, Julie Gayet, Zabou Breitman, Bruno Solo, on trouve aussi la productrice de télévision Pascale Breugnot ou le réalisateur Christophe Honoré.

Dans ce texte, ils réclament l’égalité salariale, la parité dans tous les domaines de la société, la lutte contre les violences sexistes, contre le harcèlement. Surtout, ce texte, il sonne comme un engagement politique, à une dizaine de jours du second tour de la présidentielle : pour les signataires de cette pétition, les droits des femmes ne sont pas défendus par Marine Le Pen. Selon eux, son élection serait une défaite, un danger pour les femmes. Leur conclusion est donc très claire : le 7 mai prochain, il faut voter Emmanuel Macron !

Et la présence d’Audrey Pulvar dans ce collectif pose problème.

Il pose la question de la neutralité des journalistes. Un "problème d’impartialité" soulevé hier par certains lieutenants de Marine Le Pen, comme Florian Philippot, vice-président du Front National.

Ça pose aussi problème du côté de CNews. Hier soir, on nous précisait qu’Audrey Pulvar officie sur la chaîne en tant que "journaliste", et non comme une "éditorialiste". Un statut qui ne permet pas d’exprimer publiquement ses opinions politiques et qui nécessite "un droit de réserve", d’autant qu’à l’antenne, Audrey Pulvar est amenée à commenter directement la séquence politique actuelle.

Ce droit de réserve, il n’a pas été respecté et il a poussé les dirigeants de la chaîne à réagir très vite et à écarter la journaliste de l’antenne. CNews craignait aussi une réaction de la part du CSA. En revanche, la chaîne précise qu’il ne s’agit pas d’une mise à pied, mais bien d’une "suspension temporaire", pendant la durée de la campagne. Audrey Pulvar pourra revenir à l’antenne après le deuxième tour.

On se souvient qu’en 2010, elle avait déjà connu pareille déconvenue. À l’époque, CNews s’appelait i-TELE. La journaliste était en couple avec Arnaud Montebourg, candidat à la primaire socialiste, et elle avait dû suspendre ses activités télévisuelles pendant sa campagne.

Contactée ce matin, Audrey Pulvar préfère ne pas réagir pour le moment. Elle s’est contentée d’un message sur Twitter, pour remercier ceux qui la soutiennent.