Affaire "TPMP" : Vincent Bolloré attaque le CSA

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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13 millions d'euros, c'est l'estimation du préjudice, selon le patron du groupe Canal+, lié aux sanctions prononcées par le CSA contre C8 en juin dernier.

Encore un nouveau rebondissement dans l’affaire Hanouna. Vincent Bolloré réclame réparation au CSA.

Mécontent de la sanction infligée à sa chaîne en juin dernier, Vincent Bolloré réclame réparation au CSA. Mieux qu’une série télé, l’affaire Hanouna connaît un nouveau rebondissement. D’après Le Canard Enchaîné, l’homme d’affaire breton demande 13 millions d’euros de dédommagements au gendarme de l’audiovisuel.

Pourquoi cette somme ?

C’est le montant du manque à gagner évalué par le patron de Vivendi. Un manque à gagner dû à une sanction infligée par le CSA.

Rappelez-nous cette sanction ?

Elle a été prononcée le 7 juin et effective dans la foulée. Trois semaines sans publicité, y compris 15 minutes avant la prise d’antenne et 15 minutes après TPMP et ce pendant trois semaines.

Et la raison de cette sanction ?

Deux séquences licencieuses : quand Cyril Hanouna mettait la main de Capucine Anav sur son sexe et quand Matthieu Delormeau a été confronté à une fausse agression, lors d’un canular.

Le chiffre de 13 millions d’euros est-il discutable ?

Il est en tout cas très discuté. Le CSA avait chiffré le préjudice financier imposé à 3 millions d’euros. Il aurait même revu ce montant à la baisse : 2,3 millions d’euros. Les évaluations des experts médias oscillent entre 1,8 millions et 6 millions. Cyril Hanouna lui-même avait parlé de 5 millions.

Pourtant tant d’écart dans ces chiffres ?

Parce que le montant des recettes pub de l’émission est confidentiel déjà. Ensuite parce que le prix des écrans pub est toujours donné brut . Les annonceurs bénéficient de remises allant jusqu’à 80% parfois. Enfin, parce que suite au canular jugé homophobe diffusé le 18 mai, les annonceurs ont boycotté le programme. Il y avait donc depuis fin mai beaucoup moins de pub diffusée dans l’émission. Et au moins une coupure avait été supprimée.

Peut-il obtenir réparation ?

Vincent Bolloré et son groupe ont parlé de mesures "disproportionnées et discriminatoires" de la part du CSA. Ils ont envoyé deux lettres qui ouvrent la voix au dépôt de recours indemnitaires devant le Conseil d’Etat. Et Vivendi a déposé en parallèle un recours en annulation et un recours en indemnitaire devant le Conseil d’Etat.

Qui va payer s'il gagne?

Pas le CSA qui n'a pas la trésorerie nécessaire mais il existe une réserve dédiée aux autorités administratives en cas de condamnation.

Pourquoi Vincent Bolloré réclame-t-il cette somme aujourd’hui ?

Le timing n’a rien d’anodin. Le rapporteur indépendant a rendu ses conclusions dans l’affaire du canular jugé homophobe il y a deux semaines. Elles ont été transmises au CSA et à C8 en vue de la réunion du 19 juillet. Le rapporteur présentera ses conclusions devant le CSA et les représentants de C8.

Et quand est-ce que le CSA rendra sa décision ?

Une semaine plus tard, le 26 ou 27 juillet. Ces sanction peuvent être économiques ou aller jusqu’à la suspension de l’autorisation d’émettre, temporaire ou définitive. Pour Vincent Bolloré, chiffrer à 13 millions le préjudice déjà subit et réclamer un dédommagement au CSA, c’est aussi une façon de mettre la pression sur le gendarme de l’audiovisuel en lui signifiant que des peines trop lourdes pourraient se retourner contre lui.