La grande déprime du rayon "charcuterie" dans les supermarchés

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La Une de l'éco est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Face à un discours terriblement anxiogène, les ventes de charcuterie s'écroulent depuis plus de deux ans, notamment sur le jambon.

La grande déprime du rayon "charcuterie" dans les supermarchés.

Les Échos consacrent une longue enquête à ce secteur qui ne cesse de décliner.
C’est le 26e mois de baisse des ventes d'affilée en grande distribution, moins 4,4% en volume sur un an pour une baisse de 2,3% en valeur.
Ce sont surtout, les jambons "premier-prix" qui dégringolent.

Il y a un discours tellement anxiogène sur les méfaits de la charcuterie !

La charcuterie est accusée de provoquer des cancers.
On reproche au jambon d'être chargé en sel et en nitrite pour donner une couleur rose artificielle et retenir l'eau.
Une mère de famille hésite désormais à servir la traditionnelle tranche de jambon à ses enfants.

Beaucoup critiquent également, les conditions d'élevages : les fermes qui ressemblent à des usines, les élevages intensifs à coup d'antibiotique et les abattoirs avec leurs pratiques cruelles.
Tout un halo négatif sur cette filière qui est souvent exagéré.

C'est dramatique pour les éleveurs de porc qui mettent la clé sous la porte.

La seule solution est de monter en gamme avec un jambon bio, pour une charcuterie plus goûteuse.
C’est ce qui fait le succès du jambon espagnol, la Pata négra, avec un porc nourri de châtaigne.
La condition d'élevage en plein air et des bêtes élevées sans antibiotique.

Le problème c’est que ça ne se règle pas d’un claquement de doigt. Dans les élevages en Bretagne, le sol rapidement boueux, ce qui favorise la propagation de maladie.

Cette situation nécessite une remise à niveau. Les éleveurs ont besoin d'argent pour investir, au moment où la filière a été affaiblie par la crise du porc.