Arnaud Montebourg, l'homme du jour

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La revue des éditos est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Natacha Polony nous présente les différents éditos qui font la Une de la presse.

Ce matin, les éditorialistes ont un nom, un seul, sous la plume : Montebourg. Et puis un chiffre, aussi : huit. Huit candidats de gauches à l’élection présidentielle. "C’est règlement de comptes à OK Corral", s’amuse Yves Thréard dans le Figaro. "La primaire, c’est simple comme un coup de poignard", lance Rémi Godeau dans l’Opinion. "Le Parti socialiste devenu un grand cadavre à la renverse, le Président un genou à terre par l'absence de résultats et une impopularité record, les Brutus de la gauche se jettent dans la préprimaire avec une arme de persuasion massive : tout sauf Hollande !". Sur le fond des propositions, sans surprise, l’éditorialiste de l’Opinion s’étrangle. Pensez donc : des nationalisations bancaires, et même une remise en cause des traités européens… Plus amusant, Laurent Joffrin, dans Libération, salue la conviction fervente et les propositions réfléchies et audacieuses. Le patriotisme, le protectionnisme, pour une fois, ne suscitent pas les adjectifs habituels, réactionnaire et autres. Mais il y a une raison. Laurent Joffrin trouve la candidature d’Arnaud Montebourg intéressante à une condition : qu’il se présente à la primaire de la gauche. Pourquoi ? C’est l’éditorial de Cécile Cornudet qui nous donne la réponse. Le titre est trompeur : trop de frondeurs tue la fronde. Parce qu’en fait de frondeur, on parle autant de Bruno Le Maire que d’Arnaud Montebourg. Tous ont un discours parfaitement marketé, dit-elle. Emmanuel Macron et son progressisme, Benoît Hamon et son alternative à gauche, NKM et sa modernité. Tous ont pris soin de "disrupter" leur parcours : passage par le privé, démission de la fonction publique… Alors, "pourquoi ces nouvelles têtes ayant tout compris du rejet des électeurs semblent-ils avoir si peu de chances de troubler le jeu présidentiel ?" Pourquoi nous promet-on Hollande, Sarkozy, Bayrou et Le Pen ? D’abord, ces francs-tireurs semblent "vieillis prématurément dès qu’ils affichent leurs ambitions". Mais surtout, ils sont pris à leur propre piège, eux qui se battaient pour l’organisation d’une primaire. Parce que ce sont les anciens qui en profitent. "Se présenter à une primaire est la seule chance qui s’offre à François Hollande de rester dans la course. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy surnagent dans celle des Républicains". La primaire, c’est le dernier replâtrage sur un système croulant.