Primaire à gauche : le piège de Hollande

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce lundi sur l'annonce d'une primaire à gauche à laquelle devrait se soumettre François Hollande.

Ce matin en Une de vos journaux, on traverse la Manche :
Le Figaro : Brexit : le Royaume Uni retient son souffle.
Les Echos : In or out ?
La Croix : telle est la question.
L’Opinion : Brexit : l’Europe en état de crises.

Et puis un autre référendum occupe Libération : Notre Dame des Landes : Un vote en suspens.

Bon, la semaine commence, mais pour l’Équipe, c’est : vivement dimanche, 8ème de finale des Bleus.

Mais c’est 20 Minutes qui pose la seule question qui vaille : c’est quand le soleil ?

Primaire à gauche

C’est la Une du Monde qui résume : primaire à gauche, le piège de Hollande. "Comme Napoléon à Austerlitz, se moque Mathieu Verrier dans La Voix du Nord, François Hollande profiterait du brouillard qui recouvre son camp pour surgir tel un soleil et surprendre l’adversaire". "Comment se relégitimer quand 80 % de l’opinion ne veut plus de vous, demande Michel Urvoy dans Ouest France. A droite, et plus encore à gauche, la primaire vise à rassembler la famille en barrant la route aux dissidences et aux initiatives hors appareil. Elle est la dernière trouvaille démocratique pour permettre à un système décrié de se perpétuer".

Les institutions en question

Le vrai sujet est là. "Les primaires, analyse Bruno Dive dans Sud-Ouest, ne sont finalement qu'une étape supplémentaire dans la normalisation présidentielle, après le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral. De Gaulle n'imaginait sans doute pas une pareille évolution de la 5è République". D’ailleurs, ces institutions totalement tordues, on en voit les effets dans le Parisien. Pourquoi tant de candidats, se demande le journal qui vous présente des présidentiables dont vous n’avez certainement jamais entendu parler. David Saforcada, candidat bonapartiste. Jean-Pierre Mélia, deux fois candidat à Pékin Express, ça vous pose un CV, Alain Mourguy, qui représente l’Union des gens de bon sens, Stéphane Guillot, candidat du parti du vote blanc et puis Rama Yade, Jean Lassalle… comme le résume un ancien premier ministre, "un passage à BFM ou I-Télé, quelques tweets ou une matinale et ils se croient autoriser à briguer le fauteuil suprême". Peut être l’absence totale de représentativité des partis de gouvernement excite-t-elle les appétits. Du coup, il faut lire l’interview dans Libération de Mathias Felk, Secrétaire d’état au commerce extérieur, qui plaide pour une remise à plat des institutions par référendum, une réduction drastique du nombre de parlementaires, une dose de proportionnelle et une interdiction du cumul des mandats dans le temps. Qui le fera ?

185

Un chiffre dans Libération, 185 assassinats de défenseurs de l’environnement en 2015. Avec le Brésil comme champion. Surtout des indigènes défendant leur territoire face aux multinationales de l’extraction minière ou de l’agroindustrie. Le tout alimenté par les choix que font les consommateurs à l’autre bout de la planète.

Pour les amateurs de polars

C’est une nouvelle revue, Sang Froid. Pour son numéro deux, la revue nous propose une plongée dans la noirceur des âmes. Une enquête auprès des médecins légistes qui nous apprend que par paresse ou manque de moyens certains magistrats laissent passer comme mort naturelle entre 5.000 et 27.000 homicides par an. Le portrait terrifiant de Otto Skorzeny, ancien garde du corps d’Hitler, embauché dans les années 60 par le Mossad israélien pour démanteler un groupe de scientifiques allemands travaillant pour l’Égypte. Et puis cette rencontre hallucinante en Belgique avec un ancien de l’EI entré tranquillement en Europe et qui vit dans un logement obtenu en tant que réfugié avec sa femme voilée de la tête aux pieds. Il parle des services turcs qui fournissent la logistique aux combattants. "Cette guerre ne fait que commencer, conclut-il, vos militaires et votre police sont faibles, on pourra vous combattre longtemps".


Heureusement, nous sommes du côté de la civilisation, de la culture. L’éducation est notre arme. Le site Atlantico nous donne des nouvelles de nos candidats au bac. Certains viennent de lancer une pétition sur change.org contre l’épreuve d’anglais. Un extrait de 21 lignes du roman d'Alice Hoffman "The Museum of Extraordinary Things", sorti en 2014. Il fallait déterminer dans quelle ville se passait l’action, une ville dont un quartier se nomme Manhattan, où poussent les gratte-ciel. Certains élèves expliquent avoir eu 20 de moyenne toute l’année, mais, protestent-ils, ce n’est pas un bac d'urbanisme, de culture générale ou géographique. 12.000 signataires pour l’instant. L’éducation, la culture, c’est notre réponse au fanatisme.