Nuit d'horreur en Floride

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce matin sur l'horreur qui a frappé une discothèque d'Orlando hier.

Ce matin en Une de vos journaux de nouveau les images de la haine et de la bassesse humaine.
Le Figaro : Attentat islamiste à Orlando : la terreur et la haine.
Le Parisien : Nuit d’horreur en Floride.
Libération : Orlando : Nouvelle plaie béante.

Mais la haine et la bassesse, ce sont aussi les scènes de guerilla urbaine à Marseille :
La Provence, qui reprend le slogan de l’UEFA sur le respect : rien que des mots…

Orlando

Hier soir, à l’heure du bouclage des journaux, on en était encore au récit, à l’effarement. Mais déjà, surgissent les réflexions qui nous rappellent les lendemains du 7 janvier et du 13 novembre. Dans le Figaro, Laure Mandeville raconte les réactions politiques, et le choix de Barack Obama de parler de terrorisme extrémiste au motif que la religion n’aurait rien à voir. Comme un air de déjà entendu. Avec les rodomontades d’un Donald Trump expliquant que si les victimes du Bataclan avaient été armées, il y aurait eu moins de morts, voilà le débat à venir.

Débats français

La crainte de l’attentat a peut-être occulté d’autres dangers. "Ramenée aux phobies plus immédiates du moment, écrit Daniel Muraz dans le Courrier Picard,  la vigilance autour de cet Euro 2016 ne semblait devoir s’exercer qu’à l’encontre d’une possible menace terroriste". "Trois jours après le début de la compétition, tranche Nicolas Fostier dans l’Union, le constat est navrant. Entre les mouvements sociaux de tous ordres qui embourbent chaque jour un peu plus le pays à coup de transports récalcitrants et de poubelles qui débordent, ce sont les échauffourées au bord des stades qu’une bonne partie de la planète commente, moque ou tance depuis samedi soir. Serait-ce si honteux d’admettre que le pays de Coubertin n’est plus en mesure, pour l’heure, de jouer un rôle phare dans le domaine du sport international ?"

Du côté des mouvements sociaux

La presse patine. Donc, loi Travail. Et l’article à lire est dans Libération. Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles et fervent défenseur de l’Union Européenne, a décidé de répondre à ces souverainistes de gauche et de droite qui affirment que la loi El Khomri est une émanation de la commission européenne. Pas du tout, répond-t-il, puisque les principales mesures de la réforme font partie d’un document proposé en mai  2015 par la commission mais élaboré sur proposition des états membres. Des propositions, précise un responsable français, destinées à faire converger les économies afin d’éviter qu’un pays ne devienne un problème pour les autres membres de la zone euro. Pas question de refaire comme en 2013 où la commission avait préconisé une réforme des retraites sans demander son avis au gouvernement français. Bref, les réformes du code du travail sont bien une conséquence de l’arrimage des pays à une zone monétaire unique, mais les dirigeants le choisissent volontairement. Donc, faire le lien avec l’Europe, c’est du complotisme.

Lutte contre l’échec scolaire

Avant le chômage, il y a souvent l’échec scolaire. Et la fameuse question des décrocheurs. L’Opinion revient donc sur la trouvaille du ministère de l’Education Nationale, payer une prime de 1.000 euros aux décrocheurs qui daigneraient revenir en classe. La chasse au mérite continue, s’indigne le journal qui remarque qu’après avoir supprimé les bourses pour les bacheliers obtenant une mention très bien, il récompense donc ceux qui quittent l’école. Symbole désastreux mais promesse de Manuel Valls pour calmer les lycéens mobilisés contre la loi El Khomri.

Déficit de filles

C’est une page à lire dans le Figaro. Elle raconte la colère des autorités chinoises après qu’un responsable local a révélé le drame de son village et de tant d’autres : le manque de femmes. La politique de l’enfant unique associée aux avortements sélectifs se paye aujourd’hui par des centaines de milliers de célibataires et par les violences que peut engendrer une telle frustration. Mais il ne faut pas le dire.


Libération revient sur le scandale qui agite l’Angleterre. En plein débat sur le Brexit, Boris Johnson a fini par l’admettre, son inimitable chevelure jaune paille pourrait ne pas être totalement naturelle. L'édition en ligne du Telegraph souligne que Boris Johnson ne précise pas s'il se teint pour couvrir des cheveux gris ou cacher qu'il était roux. Et reproduit un tweet moqueur du député Mark Pritchard qui réclame: "Boris Johnson doit maintenant dire si la teinture qu'il emploie a été fabriquée au Royaume-Uni ou dans l'UE". Le non-dit, les arrangements avec le réel, c’est ce qui tue la démocratie : sur la couleur des cheveux, sur le déficit de femmes, sur les liens entre Europe et modèle social, sur la nature du terrorisme…