La réforme du code du travail au cœur des éditos

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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Entre les élections législatives et la future réforme du code du travail, Emmanuel Macron est sous toutes les plumes. 

Bonjour Thomas, bonjour Julie et bonjour à tous

Ce matin en Une de vos journaux, il y a ceux qui se réjouissent et ceux qui s’inquiètent : Le Figaro : Macron lance le big bang social du quinquennat. Les Echos : Code du travail : le plan de Macron pour réformer. Libération qui publie les projets cachés : Code du travail : le séisme qu’ils préparent. L’Humanité : Le projet travail de Macron révélé, la campagne peut vraiment commencer.

Macron mania

La Une de l’Express ressemble à celle d’OK Magazine cette semaine. Du rose, des couleurs criardes et des petits cœurs, la photo d’Emmanuel Macron recouverte d’étoiles et de traces de rouge à lèvres et des titres accrocheurs : Tsunami aux législatives, Il va sauver la planète face à Trump, Il marche sur l’eau, Poutine ? Même pas peur ! Le magazine ironise sur la macronmania. Le philosophe Gilles Lipovetsky cite les catégories de Max Weber pour analyser la séduction qu’exerce Emmanuel Macron. Domination charismatique plutôt que rationnelle. Un peu plus loin, Michel Onfray résume : « Le fameux cercle de la raison peut enfin parader. Les média dominants s’emballent pour Macron, dit-il, car ils lèvent un tabou : avec lui, on peut enfin défendre des idées de droite tout en se croyant de gauche. »

Code du travail

Le fait est que la presse de droite semble se réjouir ce matin. "Va-t-on, pour la 1ère fois, au pays de la lutte des classes, lancer une réforme importante sans provoquer de drame national ?", interroge Gaëtan de Capèle dans Le Figaro. Mais tout est une question de présentation. Comme le remarque Olivier Auguste dans l’Opinion, "le cadrage fixé mardi aux partenaires sociaux a cet avantage qu’il ne ferme aucune piste et cet inconvénient qu’il ne dévoile aucune mesure concrète." "Il y a assez de flou pour cacher les loups mais la main reste ferme", résume Jean-Louis Hervois dans La Charente Libre. "Pour faire passer sa réforme, note Cécile Cornudet dans Les Echos, Emmanuel Macron veut l’onction des urnes." Il l’aura visiblement, et certains éditorialistes se demandent s’il est encore nécessaire d’aller voter. Dans Le Canard Enchaîné, on découvre les angoisses de l’exécutif : "Nous allons avoir beaucoup d’élus, presque trop, il va falloir les encadrer de près pour éviter le foutoir", estime le Président. "Des dizaines de députés pourraient poser problème, ne serait-ce que par leurs activités de conseil", s’inquiète Jean-Paul Delevoye. Le palmipède prévoit un tonnerre d’aplatissements. La dissidence, ce n’est pas pour maintenant.

Terrorisme

Il y a les mesures anti-terroristes, le projet d’une nouvelle loi évoqué par le Premier Ministre dans Le Parisien. Une de plus. Mais la seule réponse est de long terme. Il faut lire l’enquête du Figaro sur l’inquiétude des clubs sportifs face à l’entrisme des islamistes. Les responsables décrivent un schéma récurrent. Au début, on voit des prières dans les vestiaires puis certains demandent à contrôler les factures pour vérifier que la nourriture est bien halal. Fort de leur nombre, ils pèsent sur la vie du club, réclament la suppression des boissons alcoolisées ou l’interdiction de l’accès du club house aux femmes. Quand la direction se montre ferme, ils menacent de passer par les élus, qui prennent rarement leurs responsabilités. C’est dans les clubs de sport que les islamistes peuvent trouver facilement des jeunes à recruter. Et la radicalisation peut être très rapide. Les fédérations sportives n’ont aucun moyen juridique pour évincer un éducateur sportif fiché S. Un ancien fonctionnaire du ministère des sports se désole : "Dans certains endroits, on va plus avoir le culte de Merah que le culte de Zidane." Et les recruteurs, qui se savent surveillés dans les grandes villes s’infiltrent désormais dans les petits clubs des zones rurales.

La science, comme tous les autres domaines, est désormais soumise au diktat de la communication. Mais Le Monde, rubrique improbablologie, nous raconte que les règles en sont un peu particulières. Des chercheurs de Cambridge se sont intéressés à la crédibilité accordée à leurs collègues. Ils ont présenté des photos de chercheurs en physique et en génétique à des cobayes. Conclusion, pour avoir l’air crédible comme scientifique, il faut être moche. Pour être président, c’est l’inverse. Et les résultats ne sont pas exigés.