La bataille se joue à la pompe

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce lundi matin sur la bataille autour de l'essence qui est en train de s'installer en France.

Ce matin en Une de vos journaux on craint la pénurie :
L’Est Eclair : Razzia sur les stations-service.
Le Havre Libre : La bataille se joue à la pompe.
L’Opinion : loi Travail : la stratégie du pourrissement.
Libération nous entraine chez les ripoux : Drogue : révélations sur un trafic d’état.
Et ces questions : La hiérarchie pouvait elle ignorer ? Des policiers français ont-ils aidé à récupérer de la drogue venant d’Afrique, carrefour des trafics et du terrorisme que combattent les soldats français ?

Turquie

C’est la Une de l’Humanité : Silence, Erdogan tue la démocratie turque. Parce qu’aujourd’hui, la Turquie accueille le premier sommet humanitaire international. Alors, l’Humanité nous interpelle en dressant la liste de toutes les régressions organisées par Recep Erdogan contre l’Etat de droit comme la levée de l’immunité parlementaire qui permettra de faire taire les députés d’opposition. Elle vient après l’emprisonnement de journalistes mais aussi celui de neuf avocats coupables d’avoir voulu défendre 46 de leurs collègues, eux-mêmes poursuivis pour terrorisme pour avoir conseillé le fondateur du PKK. Les avocats français se sont d’ailleurs mobilisés dans le silence assourdissant des médias. Et puis il y a ce projet de loi pour rendre la procédure de divorce de plus en plus difficile pour les femmes. On pourrait multiplier les exemples. Mais la photo de Recep Erdogan, costume et lunettes noires, entouré de militaires décorés comme des généraux soviétiques, suffit à réveiller des souvenirs : Pinochet ou Franco plutôt que Mustapha Kemal.

Autriche

L’Autriche indigne beaucoup plus que la Turquie. Tous, à l’image du Figaro, y voient un avertissement à l’Europe. Mais il faut lire les tribunes publiées dans le Monde. Parce qu’en effet, elles nous mettent en garde. Jacques Le Rider évoque ces grandes coalitions qui ont asphyxié le débat politique à force de ne pas le renouveler. Et puis, Thomas Glavinic, écrivain autrichien, dénonce la confiscation de la parole médiatique par une gauche occupée à traiter 35 à 40 % d’électeurs de nazis. Peut-on parler de gauche pour des gens qui ne se parlent plus qu’entre eux, occupés qu’ils sont à soigner leur posture ? "Une chose est sûre, conclut-il, le fascisme, c'est l'interdiction de penser. En Autriche, nous l'avons, et c'est la gauche qui l'a édictée".

Brexit

Turquie, Autriche et Angleterre. On parle de l’avenir de l’Europe, à un mois du référendum. Il faut lire notamment, dans le Figaro, ce texte d’un journaliste italien. Il regrette que les arguments des anti-Brexit n’en fassent qu’une question d’intérêt quand les pro-Brexit parlent d’identité. "Une union européenne réduite à un registre comptable ne peut conquérir le cœur des gens". Mais il faut lire aussi dans Libération le texte de Xavier Combe qui propose d’en profiter pour sortir de la domination du globish, parce que, dit-il, ce n’est pas en globish, langue du néolibéralisme, que l’on peut construire et partager une pensée sagace et pétillante sur les tenants et les aboutissants du concept de laïcité, de négritude, d’acquis sociaux, de terroir ou de tiers payant. "Développer les passerelles entre les langues et les cultures constitue une ambition noble et assurément moins arrogante que de vouloir bâtir jusqu’au ciel la tour d’une pensée unique".

La vie de Rosemary

Il y a la légende, celle d’une famille incarnant la réussite et il y a la réalité, l’histoire de la fille ainée des Kennedy. Elle nous raconte le destin de Rosemary Kennedy, enfant retardée mentale à la suite d’un accouchement difficile, jeune fille souriante mais instable et qui risque de compromettre la belle carrière de ses frères.  A 23 ans, son père lui fait subir une lobotomie frontale. Le reste de sa vie, 60 ans d’internement et de solitude muette. Deux de ses cadets se consacreront plus tard à l’aide aux handicapés, comme pour expier. Un récit bouleversant.


La revue WE demain se veut à l’affut de toutes les expériences innovantes. Alors elle nous livre le récit d’un avocat et vétérinaire, professeur à Oxford, qui a décidé de s’immerger dans l’univers animal. Sa méthode : vivre comme un blaireau dans un terrier creusé avec les ongles avec son fils de huit ans. Les deux sont devenus experts en vers de terre. Ils peuvent décrire la longueur en bouche de ceux de la région de Chablis, le goût de vieux cuir et de bière brune de ceux du Somerset. Et chose incroyable, le petit Tom s’est parfaitement adapté. Au bout de quelque temps, il respire par saccade, le nez au ras du sol et peut sentir les souris. Charles Foster a été débusqué par une meute, embarqué par un policier alors qu’il dormait sous un rhododendron. Certains concluront qu’il n’y a que les Anglais pour inventer cela et qu’ils sont décidément à part. Mais ils ont aussi inventé l’État de droit.