Débat de l'entre-deux tours : Manuel Valls ou Benoît Hamon ?

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La revue de presse est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La presse quotidienne revient ce mercredi les élus socialistes qui se refusent à faire un choix entre Manuel Valls et Benoît Hamon.

Ce matin en Une de vos journaux on manie les chiffres.
Les Échos : Le chômage a amorcé une lente décrue en 2016.
Aujourd’hui en France : Les vrais chiffres de la radicalisation.
Et le Canard Enchaîné : Le PS a du mal à compter ses électeurs : on a vraiment un problème avec les maths en primaire.
Mais l’article du Canard dont on parle concerne les 600.000 euros qu’aurait gagnés Pénélope Fillon, d’abord comme attachée parlementaire de son mari puis comme conseillère littéraire à la Revue des Deux Mondes, sans que personne ne se souvienne qu’elle ait jamais travaillé.
Enfin, en Une de l’Express : Risque de coupures, menaces sur la sécurité, factures astronomiques : Il faut sauver le nucléaire français.

Anti système

Il y a d’abord Libération qui s’intéresse à ce nouveau concept de post-vérité surgi dans le sillage de Donald Trump. Dans son éditorial, Laurent Joffrin se scandalise de la rhétorique anti média. Ceux qui s’attaquent à la "vérité officielle" ne veulent qu’y substituer leurs propres préjugés idéologiques. "Il faut dénoncer un nouveau recul à l’échelle mondiale de la culture des droits de l’homme et de la raison". L’article à côté est beaucoup plus intéressant. Il cherche à comprendre ce qu’on appelle les faits. "L’expression post-vérité, analyse une sociologue des médias, est largement illusoire. Elle suppose que les faits vrais auraient jadis exclusivement compté dans le débat politique et que nous aurions basculé dans une nouvelle ère. Or, le débat politique s’organise autour de faits, mais toujours également autour de valeurs et d’émotions. Souvenons-nous du rôle qu’a joué l’idéal d’une société post raciale dans l’élection d’Obama". En France, le débat se focalise autour de la notion de système et L’Opinion s’en agace. Dénoncer le système permettrait surtout aux candidats de s’exonérer de leurs responsabilités. Mais il faut lire surtout un article sur Atlantico : L'alchimiste Emmanuel Macron réussira-t-il à faire de la pensée unique dont il est l’héritier le plus assumé un produit aussi sexy que lui ? Compétitivité, baisse des charges, monnaie forte et libéralisation de l'économie, ces mantras vieux de 40 ans incarnent ce qu’on avait baptisé dans les années 1990 la pensée unique. Et c’est avec cela qu’Emmanuel Macron veut aujourd’hui faire la révolution. Sur le site Causeur, Jean-Paul Brighelli résume : "Un parti populiste pourrait briller aux prochaines élections ? Vite, inventez-moi un petit Macron, puisque Hollande ne peut plus fournir. Les fonds ne manquent pas à Emmanuel Macron pour monter des meetings. On y vend aux foules un bonheur parfaitement imaginaire". Un bonheur positif, progressiste, moderne, frais. Ajoutez les adjectifs qui vous conviennent.

Débat de la primaire

Le Figaro nous parle de ces élus PS qui ne choisissent pas entre Valls et Hamon. Derrière le désarroi, la peur de l’explosion du parti. Pourtant, dans Les Échos, Cécile Cornudet analyse ce choix. Non plus un choix traditionnel entre première et deuxième gauches. Benoît Hamon fut lui aussi jeune rocardien. Mais un choix entre la deuxième gauche, sociale-démocrate et son évolution moderne vers un hybride écolo. D’ailleurs, 40% des électeurs de dimanche dernier étaient socialistes. Dans Le Monde, une tribune défendant le revenu universel explique que c’est "un bon moyen d’accompagner la mondialisation". Quintessence de la sociale-démocratie.

Lutte ouvrière

Il faut lire Lutte de classe, le mensuel de Lutte Ouvrière. Parce qu’on y trouve un article implacable contre la tentation d’une partie de la gauche et de l’extrême-gauche de s’associer avec des mouvements qui se réclament de l’anti racisme pour défendre un islam politique. Il dénonce le retour des idées les plus réactionnaires, la notion de race, la soumission à Dieu et à un ordre inégalitaire et patriarcal, maquillé en revendication post coloniale. Il décrypte surtout les discours de ces militants qui ont fait de l’islamophobie un instrument pour faire taire leurs adversaires et pour remplacer le combat social par des problématiques religieuses. On pourra lire aussi une formidable analyse du végétarisme et du véganisme venus remplacer, là aussi, la réflexion sur une remise en cause du système productif et de l’exploitation capitaliste. Un travail théorique de fond, c’est un plaisir rare.


Le site Atlantico nous signale une nouvelle application pour smartphones qui nous prouve que le progrès est en marche. Money Alarm est un système de réveil qui vous fait payer une amende si vous n’êtes pas levé dans les deux minutes après la sonnerie. Certes, c’est vous qui choisissez le montant de l’amende, mais c’est l’éditeur de l’appli qui engrange. Il n’est pas de système de coercition plus efficace que celui qui est mis en place et accepté par les citoyens eux-mêmes. Et si en plus ça s’appelle le progrès, c’est galvanisant comme un meeting d’Emmanuel Macron !