Dans la presse, l'heure est déjà à demain

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, c’est déjà demain

L’appel de la CGT contre la réforme du code du travail est bien pour le 12. Il n’empèche, vos journaux anticipent dès à présent la longueur des cortèges… Ce sera le "Premier test" d’après Nice Matin. "L’heure du rapport de force" pour la Montagne. "Le bras de fer" pour Olivier Pirot dans la Nouvelle République. Bref, on rivalise de définition pour mettre en scène le premier défilé de l’ère Macron. Et évidemment, c’est la phrase du président sur "les fainéants, les cyniques et les extrêmes auxquels il ne cédera rien" qui a propulsé dans une nouvelle dimension ce que les éditorialistes décrivaient jusque-là comme le simple reflet de la division syndicale. "Dommage", regrette Christine Clerc dans le Télégramme, "ce n’est pas en manifestant sa nervosité que le chef de l’Etat remontera dans les sondages… ni surtout qu’il rassemblera les Français". Un édito illustré par ce dessin de Nono représentant une manifestation dont l’une des banderoles porte un nouvel acronyme "FCE", "un nouveau syndicat ?", interroge Macron, "oui, les fainéants, les cyniques et les Extrêmes".

Dans Sud-Ouest, Bruno Dive va dans le même sens. "Le président aurait voulu mettre du monde dans la rue qu’il ne s’y serait pas pris autrement" La preuve effectivement à la lecture de l’Opinion qui dresse la liste de "ceux qui attendent Macron au tournant" : pêle-mêle, les Insoumis, les fonctionnaires, les élus locaux, les jeunes, les retraités et les épargnants, les associations ou encore les cheminots. Ça ferait presque un pays. La palme de la surenchère revenant, sans conteste, à L’Humanité, dont l’édito fait dans "l’imagé" en affirmant que "les fainéants adressent d’ores et déjà à ce président le bras d’honneur des salariés" Ça met la barre très haut pour l’édito de demain. En attendant, pour rassurer l’exécutif, il y a tout de même le sondage effectué dimanche sur le site du Parisien où l’on a demandé aux internautes de bien vouloir prédire l’avenir : "croyez-vous au succès de la manifestation ?" demande le journal, réponse "non" à 69%.

Catalogne. Et il n’y a pas que la France qui manifeste. La Catalogne se mobilise ce lundi pour mieux peser demain. Lundi parce que nous sommes le 11 septembre et que c’est le jour de la Diada, la fête nationale de Catalogne, et "demain" parce que le 1er octobre devrait se tenir un référendum sur l’indépendance de la région. Un scrutin qui n’en finit plus de diviser l’Espagne, en témoigne les Unes des quotidiens : sur le site du catalan, El Periodico, c’est "la fête de la désobéissance" alors que pour le madrilène El Pais, les séparatistes utilisent la rue pour pousser une consultation illégale". Illégale parce que la cour constitutionnelle a suspendu ce référendum. Dans le Figaro, Matthieu de Taillac raconte que deux courriers sont arrivés dans les mairies en même temps, l’un venant de Madrid et rappelant que l’organisation du scrutin contrevient à la Constitution, l’autre, venant du gouvernement catalan et demandant aux communes de faire la liste des bureaux de vote disponibles.

Et les urnes pourraient bien manquer dans trois semaines, comme l’explique Sandrine Morel sur lemonde.fr : "deux des quatre capitales de provinces catalane ont déjà refusé de céder des locaux municipaux (…) et la maire de Barcelone dit craindre des poursuites pénales de Madrid… Qu’en disent les catalans ? D’après les chiffres du journal La Croix, à la question : "voulez-vous que demain la Catalogne devienne un état indépendant ?", 41% répondent oui, 49,9, non.

Embouteillages. Retour en France où le Parisien se projette lui aussi vers demain. Avec cette Une catastrophiste sur le coût des embouteillages. "D’ici à 2030, écrit le journal, la facture devrait passer de 17 à 22 milliards d’euros". En pages 2 et 3, tous les titres et intertitres sont fait pour vous faire enrager : "on perd 1h30 par jour", "les artisans boudent Paris", "dans les bouchons, l’hormone du stress augmente"… Interview d’une sophrologue qui met en garde contre les maux de tête, de ventre et de dos… Attention aussi aux répercutions au travail : "cela peut jouer sur la relation à l’autre", explique Elodie Repellin, spécialiste du stress, "on ne supporte plus la moindre réflexion" Mais alors "que faire ?", demande le journaliste. "Du yoga, de l’acupuncture, voire de la boxe". Et surtout, dit-elle, "écouter une radio amusante". Il est là l’espoir Patrick : Matthieu Noel et Nicolas Canteloup vont peut-être sauver le plan vélo d’Anne Hidalgo ! Ceci mis à part, si, alléché par la Une, vous cherchez le détail de ces 22 milliards d’euros que coûtent les embouteillages, passez votre chemin. On saura juste que le chiffre vient d’une étude d’un fournisseur d’Info trafic : Inrix.

Sur le même sujet, autre son de cloche sur le site de Télérama. Interview de l’économiste et urbaniste Frédéric Héran qui relativise : "la transition éco-mobile se passe toujours selon le même schéma", dit-il. "Aux Pays Bas par exemple, tout le monde l’a oublié mais en 1972, à Amsterdam la haine-anti vélo était féroce et contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y avait presque plus de vélo, les gens roulaient en Daf, la 2 CV néerlandaise. Pareil en Allemagne et puis, progressivement, les tensions se sont réduites. Chez nous ce sera pareil", explique l’économiste qui prophétise : "en 2030, il y aura plus de vélos que de voitures dans la capitale."

Enfin, demain, un selfie pourra peut-être vous sauver la vie. Explication dans le Figaro. "Suffirait-il d’une photo pour détecter le cancer du pancréas ? C’est en tout cas ce que promet une nouvelle application sur smartphone développée par des chercheurs américains. Ils sont partis du constat, raconte le journal, que l’un des premiers symptômes de ce cancer était la coloration en jaune de la peau et des yeux. L’application servirait donc à détecter, après avoir pris son œil en photo, les signes précoces de jaunisse sur le blanc des yeux". Antoine Brézin, chef de service au centre d’ophtalmologie de l’APHP le confirme : "Il n’y a pas que la cataracte ou la dégénérescence maculaire que l’on puisse détecter, l’œil est une fenêtre sur le corps", dit-il, "il permet donc de révéler des maladies plus générales". Exemples : la syphilis, la tuberculose ou encore certaines formes de rhumatisme chronique. Les chercheurs présenteront leur application pour mobile lors d’un congrès à Hawaï. Quand ? On ne sait pas, mais en attendant, conclue le Figaro, vous pouvez toujours passer voir votre ophtalmo sans prendre votre voiture et en saluant la manif’ bien entendu.