Comment Macron a géré sa première crise politique

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La revue de presse est une chronique de l'émission Europe matin
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La presse quotidienne revient évidemment ce jeudi sur la composition du nouveau gouvernement.

Ce matin en Une de vos journaux on remanie :
La Provence : Saison 1 épisode 2.
L’Opinion : Comment Macron a géré sa première crise politique.
Aujourd’hui en France : Les dessous d’un déminage.
Le Figaro : Remaniement : la marche continue sans Bayrou.

Et puis, la canicule les fait tous craquer, alors :
Libération a fait un petit mix. Emmanuel Macron, deux énormes demi-oranges à la place des yeux. C’est la promesse de fraîcheur. Et le titre pour justifier : Bayrou out : pas de quartier.

Remaniement

On hésite, ce matin. "Ce remaniement sous contrainte est-il la preuve que le monde politique est définitivement incurable ? Ou marque-t-il les derniers soubresauts de la vieille politique avant de repartir du bon pied ?", se demande Michel Urvoy dans Ouest France. Au final, écrit Maurice Bontinck dans La Charente Libre, "ce nouveau gouvernement aux multiples inconnu(e)s est une équation fragile entre les techniciens de gauche, la garde rapprochée du Président et des (très) jeunes constructifs de droite". "L'ensemble plus techno que chabada-bada n'a pas la fraîcheur des 440 députés débutants, juge Alain Dusart dans L’Est républicain, mais l'action requiert un minimum d'expérience".

Jean-Marc Chevauché, dans Le Courrier picard, est beaucoup plus sévère : "Un rééquilibrage très classique en somme. Rien de nouveau sous la canicule de la France. Beaucoup de ministres sont, comme toujours, passés par l'ENA. Les membres du gouvernement issus des cabinets ministériels sont toujours là. Les réflexes du vieux monde sont tenaces. Tout a changé mais tout est pareil. Seule entorse aux codes : plein de nouveaux. Mais sur du beurre rance, l'étiquette beurre frais ne le rend pas plus digeste." Mais d’autres, comme Bernard Stephan, dans La Montagne, estiment au contraire que ce fut une belle journée pour le Président. "Il s'est débarrassé des leaders encombrants du MoDem grâce à une opération mains propres venue opportunément. Il n'est pas étranger à la cassure des députés LR avec la création, à l'Assemblée nationale, du groupe de la droite macronienne." Bref, tout bénéfice.

LR à l’Assemblée

C’est un extraordinaire exemple de victoire par la sémantique. Tout le monde a adopté le terme : "constructifs". L’Opinion nous raconte comment il a été lancé par Jean-Pierre Raffarin. "Je cherchais comment l’électeur qui a voté Macron pouvait se dire 'Ce candidat n’est pas contre moi'", raconte l’ancien publicitaire qui sentait que le mot "humaniste" était "usé". On comprend l’efficacité ravageuse d’un simple mot en lisant Le Parisien. "Comme si nous n’étions pas des élus soucieux de servir l’intérêt général, c’est vraiment minable", enrage Laurent Wauquiez. "Moi, à leur place, je me serais plutôt appelé le Club des mangeurs de soupe ou les destructifs." D’autant que Jean-Christophe Lagarde, le chef de file des UDI, avait de longue date préparé le ralliement des siens, mais après avoir profité des investitures des Républicains. Marketing et opportunisme. L’explosion de la droite est en Marche !

Canicule

Connaissez-vous le Hitzefrei ? En Allemagne, nous explique Louise Tourret sur le site Slate, s’il fait 25°C à 10 heures, les cours s’arrêtent à 11h30. De quoi faire rêver nos enfants, et surtout ceux qui passent le bac. Il faut dire que peu de mères travaillent outre-Rhin, et que, jusque récemment, les élèves n’avaient cours que le matin. Mais on sent que tout le monde cherche des solutions. Dans Aujourd’hui en France, on s’inquiète pour les poissons. Eux aussi meurent de chaud. Les poissons sont ectothermes. Ils ne contrôlent pas leur température. Du coup, dans l’Ain et le Jura, on procède à des lâchers d’eau froide pour rafraîchir les truites. Et pour les aquariophiles, pensez à votre poisson rouge : ne le laissez pas dans sa baignoire à 37°C.

Puisqu’il fait trop chaud dehors, explorez les bas-fonds. Le magazine Gonzaï nous propose un guide de la France underground. Chaque région est présentée par ses spécialités (Bretagne : druidisme, séparatisme, produits à base de tube digestif de porc), par la langue parlée (Paca : le bobard, Grand Est : On ne comprend pas, Hauts de France : le Kevin), par les taux de délinquance, d’alcoolisme et de tabagisme, par le taux de représentation à Secret Story, et par les noms courants (Normandie : Orelsan, Stone et Charden). Et vous découvrirez les labyrinthes végétaux où perdre vos enfants, le festival de la bouse près de Nantes, l’élection du roi des menteurs à Moncrabeau (Haute-Garonne), où est érigé le monument du Cocu inconnu. Une destination de vacances pour ministres sortants ?