À la Une : le retour d’un très vieux feuilleton

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La revue de presse est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Marion Lagardère scrute la presse papier et décrypte l'actualité.

Dans la presse ce matin, le retour d’un très vieux feuilleton.

Comme le dit le Parisien en Une, "incontournable, vous n’y échapperez pas". On comprend pourquoi en lisant vos journaux : Star Wars ça fait du bien, c’est pas anxiogène.
"Et puis, c’est un phénomène intergénérationnel, écrit Pierre Chausse dans l’édito du Parisien qui nous raconte la vie de son fils de cinq ans, aspirant Jedi dans l’appartement familial, pour justifier le phénomène, qu’on le veuille ou non, ajoute-t-il, on finit tous par y céder". Voilà, vous allez céder, vous aller payer votre place, "que vous le vouliez ou non". "Star Wars" donc, en Une de la Dépêche du Midi, de l’Écho Républicain, de Var-Matin ou encore de 20 Minutes. Ouest-France vous raconte l’histoire "déjantée de ce vétérinaire qui a fait sa thèse sur les mécanismes de l’évolution illustrés par les créatures de Star Wars". L’Est Républicain vous propose également un portrait des "Jedi franc-comtois" qui s’exercent à l’art du sabre laser. Et puis, le Courrier Picard donne, lui, la parole au responsable du cinéma de Noyon qui confirme : "ce film est un évènement". Avant l’overdose, La Croix s’interroge : "Star Wars : stop ou encore ?". "Les fans ne risquent-ils pas de se lasser ?". Réponse sans équivoque de l’un d’eux, Julien, 20 ans : "trop de Star Wars tue Star Wars, la cadence des sortie est trop rapide, dit-il, il y a un risque de banalisation, d’ailleurs sur les forums de fan, ce huitième épisode suscite bien moins d’attente que le précédent".
En attendant, la saga fait les très bonnes affaires de Disney, qui a racheté la franchise à George Lucas : deux milliards de dollars de recette grâce au dernier épisode, sans compter le petit milliard supplémentaire généré par le film dérivé "Rogue One". "Star Wars, ça rassure les actionnaires de Disney, explique Fabrice Labrousse, auteur d’une encyclopédie sur la saga. L’annonce d’un neuvième film pour 2019 a d’ailleurs eu son petit effet et convaincu les investisseurs". Oui, mais jusqu’à quand ? Avec autant de battage commercial, Star Wars pourrait être victime de la même usure qu’une autre franchise rachetée par Disney, Marvel et sa cohorte de super-héros qui font de moins en moins recette.

L’autre titre ce matin, c’est aussi le dernier épisode du feuilleton Notre-Dame-Des-Landes avec la remise du rapport des médiateurs.

Oui, sujet toujours aussi brulant et à l’issue difficilement prédictible…
Il fait la Une de Presse Océan et de Ouest-France, Ouest-France qui note que "le rapport entretien le doute (…) la médiation rééquilibre les deux options existantes, écrit Christophe Jaunet, on apprend notamment que réaménager l’actuel aéroport couterait moins cher que d’en construire un nouveau". "Notre-Dame-des-Landes : le casse-tête de Macron", titre aussi Le Figaro pour qui tout ça n’est pas bien compliqué : "le président devra expulser les zadistes et les mettre hors d’état de nuire", écrit Yves Thréard dans son édito. "Pour Emmanuel Macron, c’est une épreuve d’autorité, ajoute encore François-Xavier Bourmaud en page 7, posant la question-affirmation suivante : un président qui remonte les Champs-Elysée en comand car militaire peut-il vraiment reculer face à une poignée de zadistes". Et puis il y a la version de Libération, avec cette autre question-affirmation posée par Laurent Joffrin : "un président en passe de gagner ses galons d’ambassadeur mondial de la lutte contre le réchauffement climatique peut-il se permettre d’endosser la cuirasse du productiviste à front bas ?". "Qu’il choisisse l’une ou l’autre solution, Emmanuel Macron en paiera le prix politique". Libération qui résume le feuilleton avec ce titre en Une : "Jusqu’ici tout va bien". Suggérant sans l’écrire la suite de la phrase : "l’important, ça n’est pas la chute, c’est l’atterrissage".

Autre feuilleton qui revient régulièrement dans le débat public, le désarroi des députés La République en Marche.

Témoignages hors sol à lire dans le quotidien l’Opinion, qui titre "argent, le tabou des députés" et raconte le drame qui se joue en silence. Il y est question du train de vie des nouveaux élus, contraints de vivre avec 5000 euros par mois. Pour preuve ces doléances, toutes anonymes, recueillies par Nathalie Segaunes et Caroline Vigoureux : "je vais moins souvent au restaurant, explique une députée LREM, je mange pas mal de pâtes, j’ai ressorti des vêtements de la cave et je vais devoir déménager, dit-elle". "Moi j’ai subi une baisse de 25% de mes revenus, ajoute un autre macroniste qui a quitté son ancien job de consultant, aujourd’hui, je ne m’y retrouve pas". Tout ça, écrit l’Opinion, alors que le rythme de travail est particulièrement intense : "je n’ai jamais autant bossé pour si peu", confie une élue, un autre confirme : "si j’étais chef d’entreprise, je gagnerais trois fois plus". Une détresse "inaudible pour de l’opinion publique, conclu le journal, et pour cause le salaire moyen est à 2.200 euros". "Face à une aide-soignante par exemple, on sait qu’on ne peut pas tenir ce discours", constate un député macroniste.
Comme quoi, malgré la peine, il reste encore un peu de lucidité..

Enfin, cet aveu d’un ancien vice-président de Facebook. "Le réseau social détruit le tissu social des sociétés".

Oui, réquisitoire à lire sur le site du magazine Usbek & Rica.
Le journaliste Guillaume Ledit retranscrit le contenu d’une conférence donnée par Chamath Palihapitiya à Standford, et son constat est sans appel : "cet outil pourrit toutes les fondations de nos comportements sociaux, dit-il, on confond les likes avec la réalité, avec ce réseau, des gens mal intentionnés peuvent manipuler des pans entiers de la population. voilà où nous en sommes, comprenez bien que si vous nourrissez la bête, elle va vous détruire et ce n’est pas qu’un problème américain, ajoute-t-il, c’est un problème global".
Il dit ressentir "une immense culpabilité". Et il n’est pas le premier "Puisque depuis plusieurs mois, rappelle Usbek & Rica, les exercices de contrition publique des anciens salariés de Facebook et Google se multiplient".
Chamath Palihapitiya conclu en précisant qu’il n’a "pas de bonne solution au problème, à part ne plus utiliser ces réseaux (…) j’ai d’ailleurs interdit à mes enfants d’utiliser cette merde, dit-il".
Une "merde" pour laquelle il a tout de même travaillé pendant près de dix ans, et pas comme petite main, puisqu’il était vice-président, chargé de la croissance du nombre d’utilisateurs de l’empire Facebook.
Comme quoi, on peut revenir du côté obscur de la force.